ROLE POLITIQUE DE L'ADMINISTRATION PRUSSIENNE
avait eu une individualité distincte de la caste oligarchique, à laquelle elle était cependant rattachée par plus d'un lien '. Mais elle n'était pas, non plus, sans réserves, l'instrument du pouvoir monarchique *« Les théories duxviii" siècle sur le despotisme éclairé, qui distinguaient l'intérêt de la collectivité de l'intérêt personnel du souverain, les théories que Frédéric 11 appuyait de son autorité, et qui faisaient du monarque le premier serviteur de l'État, avaient aussi contribué à donner à l'administration prussienne une idée particulière de son rôle et de son importance^ Elle aussi en était arrivée, en quelque mesure, à se considérer comme étant au service de l'intérêt général presque autant qu'au service du monarque; son esprit de corps s'était développé. Elle se recrutait elle-même par une sorte de cooptation; les chambres préparaient, formaient tout un personnel d'auditeurs (Auscultatoren) ; c'étaient elles qui ouvraient ou qui fermaient l'entrée de la carrière administrative; l'on n'y pénétrait qu'après un stage surveillé et dirigé par l'administration elle-même *. Elle en était veime, peu à peu, à former comme une personnalité morale avec un rôle distinct de celui du pouvoir monarchique ^ Plus d'une fois, elle avait fait sentir dans la politique prussienne son action individuelle ". C'est ainsi que les causes latentes qui avaient empêché, au xyiii" siècle, toute transformation de la société prussienne et rendu vaines les quelques tentatives de réformes sociales des monarques, s'étaient manifestées par la force d'inertie de l'administration \ associée aux résistances aristocratiques, et. malgré la discipline brutale qui courbait, en apparence, les agents administratifs, c'étaient ces résistances qui avaient triomphé plus d'une fois de la volonté royale.
ein preussisches Slajid, ibid., el la suite. — Voir Bornuak, II, p. 19^, ein fur ganz Europa unerrcichter MiL^ler.