‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 179 sur 570 · W'e.nck, p · texte numérisé non relu

W'e.nck, p

loO PREMIÈRES CONSÉQUENCES DE LA RÉVOLUTION EN PRUSSE.

qu'il rappelait que les lois et les ordonnances ne pouvaient limiter la liberté et les droits des citoyens (on évitait de dire sujets), que dans la mesure où l'intérêt général l'exigeait '.

Il est bien vrai que tous ces principes contrastaient avec l'état de fait*, et semblaient dépourvus de sanction; qu'ils étaient plutôt l'expression de vues théoriques qu'une limitation pratique de l'autorité souveraine. Il est vrai, également, que l'énoncé même n'en put être maintenu contre l'assaut qui fut livré par l'entourage personnel de Frédéric-Guillaume II et par la coterie dominante, au projet de code général.

Il n'en est pas moins remarquable de constater quel chemin les idées du xviii* siècle avaient fait. Elles trouvaient des interprètes jusque dans les organes du pouvoir absolu. Ce n'était point seulement que Frédéric-Guillaume II, en constituant, à côté de l'administration régulière, une organisation latérale qui dépendait directement de son cabinet, eût intéressé au plus haut degré l'esprit de corps, lésé les intérêts, et suscité la résistance de la bureaucratie tout entière : ceci ne suffirait pas à expliquer ses tendances. L'administration prussienne était le seul élément de la nation où se rencontrât quelque expérience, quelque esprit politique. Elle devenait, dans sa portion la plus éclairée, le refuge, des conceptions nouvelles". Le pouvoir souverain n'apparaissait plus comme la propriété d'une personne, et surtout, depuis qu'il avait perdu toute vigueur et toute décision, il n'apparaissait plus même comme une autorité sans bornes *. On voulait le limiter à la gestion des intérêts qui lui étaient confiés, et faire du corps administratif comme le garant naturel des règles qu'on cherchait à lui imposer.

L'époque nouvelle semblait abandonner la théorie " du despotisme éclairé et ses formules. Kant protestait en son nom contre la doctrine des gouvernements paternels. Une alTinité naturelle semblait se manifester entre l'individualisme qui dominait alors le génie allemand et

i. Seben durchaus jaco/nnisc/mn Cnindstllzen, die aus dcr Philosophie des achtzehnten Jaln'hiindcrls in dasuelbe ùhergegan;icn xind, htllt es die stundisrhe Cliederunr/ der CeaelU'Iiaft fesl, dit HonMiAK en parlant du rode m'«n»'ral, 11, p. 282.

2. Khjirt Mkikh, Die Heforin der Verwitlliings-Ornanination unler Sk'in und Hardenhevff, p. 44. — Voir !« procès du nu-iinicr Arnold.

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