‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 193 sur 570 · SOULÈVEMENTS ISOLÉS DES POPULATIONS RURALES · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENTS ISOLÉS DES POPULATIONS RURALES

avance sur celles de son administration. Il n'était pas homme à passer outre; il reprit l'ornière et se borna à chercher les améliorations de détail *; il voulut déterminer les charges seigneuriales qui restaient illimitées; — adoucir les règles et la condition de la domesticité obligatoire en maintenant les châtiments corporels limités, infligés par le maître '; — arrêter les mauvais traitements dont les tenanciers étaient victimes. Ces intentions demeurèrent à peu près impuissantes.

Il était écrit que la Prusse irait au-devant des désastres qui la menaçaient, sans avoir modilié l'organisation sociale qui faisait sa faiblesse '.

Un symptôme nouveau apparaît sous le règne de Frédéric-Guillaume IIP. La population rurale qui semblait jusqu'alors écrasée par l'oppression, qui, dans la peur instinctive de tout changement, ne trouvait quelque énergie que pour résister même aux innovations qui pouvaient lui être favorables, commence à manifester un autre esprit ®.

Dans les premières années qui avaient suivi la Révolution, sous le coup de la première impression qu'elle avait produite en Europe, des troubles avaient éclaté sur plus d'un point. Le retour des soldats qui revenaient du Rhin; l'action de la presse; la nouvelle des succès militaires de la Révolution; en Prusse même, la publication du code général propageaient une effervescence générale. Dès 1790, l'Allemagne entière avait été agitée; en Saxe, les paysans les plus aisés s'étaient révoltés. Bien que le directoire général craignît, dans son anxiété naïve, de voir les paysans prussiens émigrer en France, l'Allemagne du Nord était plus difficile à ébranler ®. Cependant, à la lin de 1792 ' et au commencement de 1793 **, la Silésie avait été agitée

1. Stadelman.n, Publ. au8 den k. pr. Staatsarchiven, XXX, pp. 50, 51, 59. — Knapp,

II, pp. 137, 142.

2. Das Halseisen fâr das weibliche, und dus Einsetzen in den Slock fiir das mdnnliche Gesinde pour une ou deux heures. Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XXX, pp. 60 et 65.

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