‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 194 sur 570 · Knapp, 1, p · texte numérisé non relu

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4. Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XI, p. 112. — Puiuppson, 11, pp. 19, 21, 36. — TiŒnsciiKE, 1, pp. 118, 119.

5. KNAfp, I, p. 98; II, pp. 104, 105, 106. — Haeusseb, III, p. 122.

6. Puiuppson, I, p. 461; 11, pp. 18, 26, 34, 36, 38, 41. — Stadelmann, XXV, p. 21. — Wenck, pp. 210, 217. — Theitschke, I, p. 118, 119.

7. En décembre 1792, les paysans silésiens refusent les services aux seigneurs. PuiLippsoN, II, p. 26. Les tisserands silosicns se soulèvent peu après sous l'impulsion directe de la misère. Puilippson, II, p. 26.

8. Au début de 1793, nouveaux troubles 1res étendus parmi les paysans silé-

en même temps que la Saxe. Les paysans s'étaient soulevés; on en avait saisi quelques-uns, mais les meneurs avaient échappé. On continuait à répandre dans les campagnes des bulletins où Ton incitait les paysans à massacrer les seigneurs *,

Les tisseurs de plusieurs districts silésiens s'étaient insurgés '. A Schmiedeberg', ils s'étaient rendus maîtres de la ville. Hoym attribuait tout le mal à la propagande française qui avait fait pénétrer les idées les plus funestes jusqu'à « l'homme du commun ».

En avril 1793, des troubles plus sérieux avaient éclaté à Breslau même. Hoym avait llotté entre la faiblesse la plus ridicule et l'odieux d'une répression sanglante *. L'organisme gouvernemental s'était montré sans autorité, d'une impuissance inquiéhinle •'.

Il fut heureux pour le gouvernement, dit IMiilippsou \ qu'il n'y eût pas plus de concert et d'organisation dans la résistance; car l'esprit de mécontentement paraît avoir été plus répandu alors dans l'Ëtat prussien qu'on ne le soupçonne généralement; et l'organisme d'État était en pleine impuissance ^

Ces troubles, en effet, ceux qui éclatèrent à Berlin en 1795 *, dans les districts silésiens de nouveau en 1796, restèrent à l'état d'explosions de mécontentement isolées et sans lendemain °.

siens contre les charges. Philippson, II, pp. 33-34. Nouvelle et troisième explosion à la fin de ITJG.

1. La propagande révolutionnaire dans les campagnes, Phiuppso.n, II, pp. 23, 25, 26, 28; même en Pologne, II, p. 229. — Knapp, I, pp. 98, 99; II, pp. 104, 105, 106; — die Bûlletinschreiberei. Philippson, II, pp. 21, 23, 24, 33.

2. Ce sont des ouvriers ruraux. Piiilu'Pson, II, p. 27; en mars 1193.

3. L'insurrection s'étend aux ouvriers urbains. Piiii,n'PS0N, II, pp. 2T, 28.

4. Philippson, II, p. 29. L'agitation est en même temps dans toute la province, p. 31.

5. PiiH.ippsor», II, pp. 29, 31, déjà en nSfi. P»H.n>psoN, I, p. 121.

6. PiULU'Psoji, II, p. 32. Voir aussi ib'ul., p. 2. Ein Geijensalz, dil-il encore, trai damais ztt Tar/e zwischen lien Hegierendrn Jind den liri/iei-ten, tvie es im nôrdlichen Deulschland bi.ther imhfhannt fjewesen war. Piulippson, 11, p. 18.

". Voir encore le manvaù esprif en Silésie en 1794. Philippson, II, p. i()6; les llandivurkerunruhen à Uerlin en 1*91, 11, p. 37; en 1794, de nouveaux soidèvemenls en Silésie; les paysans rerusenl les services, II, p. 36; même dos traces de mécontentement dans la Vieille Marche en 1794, II, p. 39; dans le milieu ouvrier. 11. p. 16.'S. Der jelzir/e detnokvatisrhf Grist so xich atich slark in (iroszpolen riniji-nintrll, dit un ordre de cabinet de 1793, II, p. 124. — DtP lUchlung, die der Vulk f/ruoininen hnt, xich die hUclisle Gewalt alx ein Oppuxilum zii denken, dit SchOn en juin 1S08. Lciima.n.m, Kneseherk und Schiin, pp. 301, 295.

8. Kn 179», A llcrlin. Phuippsom, II, p. 40; k Uresiau en 1796, II, p. 41, et dans loiiln la Silésie, dtid, Kn 1796, soit (|ui' les répressions rigoureuses de 1794 aient fait leur elTel, soit pour toute autre cause, l'esprit de résistance parait moins aigu. PiiiuPPHO.ti, II, p. 38.

9. Zwar j'ene tlddliachen und Itlndlichen TtimitUe, welche, in Mctige auf dcm Siid-

LES WINKELSCHRIFTSTELLER. 167

Sous Frédéric-Guillaume III, les signes de mécontentement se généralisent \ non point sous forme de rébellion*, mais sous forme de doléances qui n'en sont pas moins significatives. Elles n'avaient jamais fait défaut %• et, plus d'une fois, les souverains, importunés de ces constatations irrécusables de la servitude rurale, avaient publié des ordonnances pour les arrêter. Leur généralité seule était un fait nouveau qui dénotait chez le paysan le sentiment croissant de l'oppression qui l'accablait et l'espérance naissante d'y échapper \

Le roi recevait à la fois les plaintes des paysans sur les charges qui les écrasaient, et les plaintes des seigneurs sur l'indiscipline des paysans. Dès l'année 1798, dès que l'on sait le roi préoccupé de l'amélioration du sort des populations rurales, plus désireux d'y porter remède que d'écarter, comme son prédécesseur, les plaintes des paysans, les adresses affluent ^. Le roi ne les accueille pas sans réserves; il rappelle aux paysans que leurs charges ne peuvent être supprimées sans que les propriétaires soient indemnisés. Il ne se montre pas moins rigoureux que ses prédécesseurs contre les Winkelschriftsteller, contre « ces conseillers secrets non autorisés [unbe fur/te hcimliclie), qui, dans un but d'intérêt coupable, se sont fait une industrie d'exciter les sujets contre les seigneurs ' ».

Pendant un voyage dans les provinces orientales, le roi parle de « la quantité incroyable » de plaintes qu'il reçoit. Elles proviennent des serfs du pays plat qui protestent contre la charge écrasante des

deutschen Boden, vereinzelt aber selbst in Preuszen {Breslau April (793, und Oklobev 1796, Schlesische Weberdistrickte, Berlin 1795), Ldnn verursachten, hatten wenig hiennit zu tkun; meisl gehorten sie noch jener Gattung von Unruhen, worin die franzôsische Révolution nur als Ermunteritng zu allerhand gerûuschvollen Aniehnung ùberhmipt, Anlasz und Zweck môchte noch so verschieden sein, in Betracht kam. Wenck, p. 224.

1. PiiiLippsoN, II, p. 2. — Staoklmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XXX, pp. 28, 30.

2. Voir cependant Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XXX, p. 30.

3. Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XI, p. 112, et XXX, p. 20.— Philippsom, I, p. 453; II, p. 21.

4. Der Bauer wolle von seinen Dienslen befreit sein, aber nicht entschildigen, dit Sclirôtter vers 1799. Stauelmans, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XXX, pp. 33, 49. — Knapp, I, p. 101; II, pp. 102, 106. — Phiuppson, II, p. M; l'aveu de Hoyra.

5. Stadelmann, Publ. aus den k.pr. Staatsarchiven, XXX, pp. 30, 31, 64. — Knapp, II, p. 106, 121, les Immédiat- Eingaben,

6. Voir leur rôle très particulier. Philippson, II, p. 38. — Knapp, I, p. 98. Schulr meister, allé Invaliden, miszverqnûgte Unlerbeumle; ibid., II, pp. 104, 106. — Sta- DELsi.^NN, Publ. aus den k. pr. Staatsarchiven, XXX, p. 31.

services qui leur sont imposés tant sur les domaines que sur les biens nobles \

Schrôlter ne signale pas seulement la condilion du paysan comme contraire à l'humanité et à l'esprit du temps; il y voit un point d'attaque sensible pour les anarchistes et les hommes de désordre. « Si l'on ne peut supprimer la corvée que partiellement », dit-il, « le paysan n'en sentira le poids que plus lourdement; et comme les agitateurs, les prédicateurs de liberté, ne laissent point déjà que d'exciter le paysan, il pourra en résulter une situation grave qui ne saurait se dénouer que par l'exécution militaire -, »

« Il faut tenir compte », dit le tribunal provincial de la Prusse orientale dans un rapport adressé au roi, « de la fermentation qui règne au sein de la population rurale ^. » Nous avons vu de même le directoire général invoquer comme un argument contre la suppression du servage sur les domaines, la crainte de développer les idées d'indépendance et la possibilité d'un soulèvement général. Ces craintes ne sont point vaines. Là où les premières tentatives de réformes ont éveillé quelques lueurs, on voit ici et là les paysans secouer violemment * une servitude que le désespoir seul et l'impossibilité d'entrevoir un meilleur avenir ont pu leur faire supporter jusqu'alors. L'aristocratie et l'admmistration ne font point un faux calcul lorsqu'elles s'opposent aux tentatives de réformes les plus timides dans la crainte d'exciter l'esprit de rébellion. Lorsque l'oppression est portée à un certain point, les adoucissements médiocres qui la laissent subsister ne servent qu'à éveiller les idées d'indépendance et le besoin d'affranchissement.

On a expliqué d'une façon assez subtile l'avortemcnt des résis-

1. Staoeljianx, Puôl. ans lien k. pr. Stantsarchiven. XXX, pp. 31, 39.

2. Voir les préoccupations du pouvoir, les mesures de préraulion. PniurpsoN, II, p. IS; contre les écrits subversiTs, II, pp. 19, 20, 21. — Lkiimann, Kiirsc/teck und Sc/ifin, j». 295. Auerswnid écrit dans un rapport de mai 1808 : Das Zutrauen der Sdlim hahen r/roszr Majoral.i/tcrren und (/foszc Gidshe.tizpr nie f/ehn/U, und die Stimmuny des Zdtallirs lûszt keineswef/s erivarlen dasz sie psjetzt noch envei'icn kùnnlen. — Voir le rapport de SclinUlcr on date du 12 juillet 1198 : La supprestiiun du »crvnKe servira « den anatcfiistiscfien Ittdirstnniui/rn zum iinfvhlbaren Aiilinllufiunkl. » K.nai-p, 1, p. 99; II, p. 10(1. — Stadklmann, l'uld. uns den k. pr. SlafilKiirrliivrn. XX.X, p. 32, 33.

3. Stadei.mami, X.XX, |i. 3i. Souvent ils n'allcndenl point lo rachat des corvées pour h'imi affranchir: liiinidlunrisr/ii's I>iy/c/ich. Le roi recourt alors à l'exécution iniiilaire même Hur le «Imuaine, XXX, p. 'oH.

4. Aufrùhrerische [irueyiini/pn. Stai>ki.mann, Pu/jI. aux den k. pr, Stantxarchiven, XXX, p. 30. — Pulft. aui den k. pr. Staatsarchiven, II, pp. 100, 1(3, 141.

ABSENCE d'un TIERS ÉTAT POLITIQUE EN PRUSSE. 169

tances et de la révolution agraires en Allemagne, par le morcellement même de la société rurale. L'effort des classes inférieures, dirigé surtout contre la. tyrannie locale du seigneur, loin de s'attaquer à l'organisme d'État, invoquait sa protection, et se perdait en se localisant *. Ce qui paraît avoir manqué surtout aux populations rurales de la Prusse à cette date, c'est l'existence d'un tiers état assez formé politiquement pour se faire, au nom des idées de justice et d'humanité, l'interprète de leurs revendications *. En France, les populations rurales avaient suffisamment acquis la notion de la propriété, elles en avaient conquis une part assez large, pour n'hésiter point à hriser leurs derniers liens, dans un effort qui fût aussi général que violent. Mais, en somme, ce fut ce Tiers État, qui avait pris durant le xviii' siècle le goût de l'action, en même temps qu'il s'imprégnait dfs idées nouvelles, qui réalisa leur affranchissement légal.

Les paysans prussiens avaient, dans les années qui précèdent 1807, acquis quelques notions d'indépendance et de liberté personnelle, beaucoup moins par l'amélioration progressive de leur condition, que par ce qui pénétrait jusqu'à eux du mouvement de la Révolution française ^. Il s'en fallait qu'ils eussent secoué cette apathie de l'habitude, ce fatalisme du désespoir qui plie l'homme aux misères et à la servitude. Et qui donc eût tenu en Prusse le rôle du Tiers État français? Etaient-ce ces petits scribes de campagne, agents d'affaires ou conseillers occultes*, que les ordonnances royales pourchassaient avec persistance, tant était manifeste le danger qu'eût couru l'organisation sociale tout entière, le jour où les revendications des populations rurales, qui étaient celles mêmes de l'humanité, eussent trouvé des interprètes et des organes autorisés. Ce n'était point davantage ce tiers état éclairé, « ces savants isolés », que Marwilz accusait de tout le mal et qui vivaient dans un monde beaucoup trop idéal et beaucoup trop limité ^ pour établir aucun lien entre leurs doctrines, leurs

i. Wenck, p. 220.

2. Phiuppson, II, pp. 2, G, 270. — Sur le Mittelstand agricole de la Prusse orientale, voir Aus den Papieren Schôn's, II, p. 110.

3. Das Vorgefûhl der Massen, dit Knapp, 1, p. 98; H, p. 137. — Ennnerunijen aus dem Leben des FeldmarschaU's von Boyen, I, p. 137.

4. Philippson, I, p. 450; II, p. 39. — Knapp, 1, p. 98; II, pp. 104, 105, 106. — Schrôller, dans un rapport du 12 juillet 1798, exprime ses craintes au sujet de la propagande faite par les Schulmeister, aile L-validen, und Kônir/liche Unterbeanite, ibid.. Il, p. 104; elende Freiheitsprediger, dit-il encore, p. 105.

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