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VAUFKL'ÀRUNG. 179
ardentes remplissaient l'Allemagne. Elle avait, depuis, assuré un refuge aux victimes de l'intolérance catholique. Toutefois, Frédéric II n'avait pas accordé seulement à X Aufklârung la tolérance que, ni ses prédécesseurs, ni lui surtout, n'avaient jamais refusée aux opinions religieuses les plus différentes. 11 lui avait apporté toute l'autorité morale et intellectuelle qu'il devait à sa valeur propre et au prestige de ses succès. Aidé de Zedlitz, auquel il avait confié en 1771 le département de la religion luthérienne et de l'instruction puhlique, il avait encouragé les tendances nouvelles par tous les moyens dont il disposait *.
Berlin était devenu le centre du mouvement intellectuel de l'Allemagne ^ Nicolaï, dévoué sans réserves aux idées nouvelles, favorisé par Frédéric II et par Catherine, y avait fondé d'abord, avec Lessing et avec Moses Mendelssohn, les Literaturbriefe\ puis, lorsque Lessing s'était séparé de lui, trouvant le milieu terre à terre, et préférant les études d'une critique et d'une philosophie plus profonde, à l'action plus vulgaire et plus pratique des Aufkldi'er, Nicolaï avait créé, à Berlin même, en 1765, VAllgemeine Deutsche Uihiiothek. Celle-ci devait rester, pendant cinquante ans, l'organe officiel de VAufkldrung et survivre même aux tendances dont elle était l'expression. Rédigée par un grand nombre de collaborateurs, que l'on appelait par dérision les « Nicolaïles », et qui comprenaient les écrivains les plus en vue de l'Allemagne, répandue par milliers d'exemplaires, la Bibliothèque générale allemande constituait un puissant organe de propagande. Elle ne laissa pas d'exercer sur son époque une action considérable ^
A côté d'elle, la Berlinische Monatschrift, fondée en 1783, par Gedike et Biester, comptait parmi ses collaborateurs : Semler, Justus Môser, Mendelssohn, Kant, les deux Humboldt, Gleim *. Avec une valeur littéraire plus réelle, une passion peut-être plus étroite, une action peut-être moins étendue, elle répondait aux mêmes tendances.
L'action du foyer de propagande qui s'était formé à Berlin, l'action