‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 205 sur 570 · Philippson, I, pp. 80, 90, 195, 210, 211; II, p · texte numérisé non relu

Philippson, I, pp. 80, 90, 195, 210, 211; II, p

ment il avait tenté d'imposer au clergé luthérien l'uniformité de doctrine, et de faire disparaître du protestantisme jusqu'à la dernière trace d'indépendance dans la pensée, de ce qui en avait été la raison d'être, mais il avait étendu sur le pays, sur les prédicateur? comme sur les écoles, un vasie réseau d'espionnage. Tous les til? en étaient tenus par la commission immédiate qu'il avait peu à peu substituée au consistoire supérieur, où dominaient encore les tendances du règne précédent. Wôllner, pénétré, pour les idées de V Aiifkldning , d'une haine farouche, et placé bientôt en présence d'une opposition résolue, espéra la réduire au silence par l'Édit de censure '. Mais ce personnage vulgaire n'avait, malgré l'appui sans réserves du roi, ni l'autorité, ni la netteté de jugement, ni la fermeté de propos nécessaires pour réaliser une œuvre d'oppression aussi redoutable. 11 avait dépassé le but; il n'avait réussi qu'à compromettre, par ses excès mêmes, l'œuvre de réaction religieuse qu'il voulait servir; il n'avait pas tarde à devenir l'objet de l'animadversion générale ^ Une fois de plus, le pouvoir politique s'était trouvé impuissant à détourner ou à arrêter, par les moyens matériels, par l'autorité de fait, les courants intellectuels '.

Mais XAufkldrung s'était vue menacer, elle devait en réalité succomber à une réaction bien autrement redoutable pour elle, à une réaction intellectuelle dont les débuts sont antérieurs à la Révolution française *.

Le rationalisme pratique de Frédéric II, de Nicolaï, de l'école tout entière avait sans doute défendu avec beaucoup d'ardeur les droits de la raison humaine, mais de la raison humaine envisagée comme une sorte de bon sens assez vulgaire. Toute cette école dont l'ardeur de propagande était très vive et très efticace ^ mais dont le niveau intellectuel était assez peu élevé ', n'avait aucune originalité; elle n'avait surtout point le caractère national. Elle avait eu beau noyer dans la lourdeur native de l'esprit allemand les traits si délicats et si fins du XVI II" siècle français, elle n'en conservait pas moins la

1. l'Hii-rPi'soN, 1, pp. 233, 236, 322, 344, 341, 366; II, p. 65, 70.

2. PiiiuiTHoji, I, pp. 210, 222, 238, 342, 348; 11, pp. 20, 60, 163, 186, 160, 238.

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