LES IDÉES POLITIQUES DANS LA LITTÉRATURE
Mais ce qui distingue surtout cette époque littéraire du xvii* siècle français, c'est qu'elle ne se limite point à l'étude des sentiments individuels et de la vie intime '. Les temps ont marché; la vie de la collectivité n'est plus, autant que par le passé, la vie de quelques-uns. Les littérateurs, comme les philosophes, ne peuviînt se soustraire à la nécessité de placer l'homme dans son milieu social et politique. Us ne peuvent plus exclure de parti pris toute cette part d'activité et de sentiments qui naissent chez l'homme de la vie en commun. Plus émancipé, plus libre dans ses allures, l'esprit humain aborde tous les problèmes de l'existence politique et sociale des peuples -.
Si Herder dans la Philosophie de l'histoire étudie surtout du point de vue philosophique le développement des destinées de l'humanité^, il touche dans ses considérations sur le rôle de l'Etat, sur la liberté, aux problèmes politiques les plus actuels.
Dans un Essai sur la Paix perpétuelle, publié en 1795, Kant établit comme premier article définitif de la paix perpétuelle * que la constitution de tous les États sera républicaine; c'est la seule, dit-il, qui dérive de l'idée du contrat primitif sur laquelle doit être fondée toute législation.
Fichte reste fidèle aux idées qu'il a émises, dans l'écrit qu'il a publié : Pour rectifier les jugements du public sur la Révolution française; et si, en 1799, les gouvernements saxons prennent prétexte de ses écrits philosophiques pour le persécuter et l'expulser comme athée, il demeure persuadé que c'est au fond beaucoup plus à SCS tendances politiques qu'ils en veulent, et qu'ils visent en lui le « démocrate », beaucoup plus que l' « athée » ".
Schiller, dans la première période de sa vie littéraire, dans la première exubérance de son talent, accumule, dans les Brigands, les protestations contre l'état social; dans la Conjuration de FiescOy un