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HOSTILITÉ DE LA LITTÉRATURE NOUVELLE POUR LA PRUSSE

faites de son âge mûr. Fichte s'était naturalisé Prussien, le jour où la tolérance prussienne lui avait offert, .à Berlin, un asile contn; la persécution des gouvernements saxons*. Enfin ce n'était point seulement sur la scène de Weimar, c'était aussi sur celle de Berlin, devenue célèbre sous la direction d'Iffland, que les drames de Schiller étaient accueillis par un enthousiasme extraordinaire. Le poète lui-même, lorsqu'il y vint, en mai 1804, y fut reçu en triomphe *.

Mais ce n'est point dans le développement intellectuel, quelque considérable qu'y ait été sa part, qu'il faut rechercher les traces de l'action prépondérante que la Prusse a exercée sur les destinées de l'Allemagne. Elle n'était point en mesure d'acquérir en ce sens une influence dominante. Bien loin de là, la littérature nouvelle n'avait que de l'antipalhic pour l'esprit prussien et pour la nation prussienne. Si Berlin, n'était plus la capitale du roi caporal, c'était encore la capitale de VAiifklârung ^ « A cette époque », écrit Steffens, le naturaliste danois, déjà alors presque allemand, et qui devint, au moment de la guerre d'indépendance, un des patriotes prussiens les plus enthousiastes*, « Berlin était considéré comme le siège du bon sens vulgaire, dans ce qu'il a de plus terre à terre, et nous avions tous pour cette ville peu de considération.... Lessing, nous disait-on^, n'avait |)u y trouver une situation. Goethe avait un éloignemenl inslinctir pour elle; tout mon entourage n'avait que du dédain pour l'esprit qui y régnait *. Quant à la constitution politique du pays, je ne m'en souciais point alors, et je n'avais, depuis mon enfance, pour les exercices militaires et pour les parades, que de l'éloignement. »

C'était précisément cette constitution politique, dont les philosophes,

1. J.-H. Fichte, J.-G. Fichté's Leben und literarischer Briefwechsel, I, p. 344.

2. TitKiTSCiiKE, l, p. 159. — First, Henriette Herz, p. 158. — Philippsox, I, p. 2'(o. — Hkimuch, Histoire de la lillératu.e allemande, III, p. 80. — Voir Mozart h Berlin, Piiilii'pson, 1, p. 145; les arls encouragés par Fréiléric-Giiillaume II, ibid., p. 150. — Voir encore Ihimhokit, Sclilegel, J. Mulier, etc. Tueitsciike, I, p. 159; Winclielmann et Heriler. bien (jiio ce soient deux « Prussiens libérés ». TiiEiTsciiKE, 1, p. 78. — Leiimann, Scharnhorst, 1, p. 286.

3. PuiuppsoN, II, p. 147. — We.nck, p. 175. — Steffens, Was ich erlebte, IV, pp. 124, 141.

4. Steffens, Was ich erlebte, IV, pp. 12i, 172; V, p. 180. — Voir sur SlclTens, Varmiagen vox KxsE, Denkwùrdiçikeiten, II, p. 97.

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