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248 LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE LA PRUSSE AVANT lÉNA.

ont paru croire que l'alliance ' était aussi bien dans son intérêt que dans celui de la France, Pour eux, Haugwitz représente la politique nationale de son pays, Hardenberg est un conseiller coupable et malhabile.

Les jugements des historiens allemands sont bien différents. Ils ont été rendus sous l'impression des événements qui suivirent et qui n'offrent pas, avec la période d'abaissement que nous venons de décrire, un contraste moins frappant que le règne de Frédéric.

Quelques années à peine se sont écoulées depuis les événements que nous avons rappelés, et, derrière ce gouvernement qui s'effondre, apparaît un peuple de fer qui apporte ù l'unité morale de l'Allemagne, faite de légendes, d'aspirations religieuses, de sentimentalité vague, la puissance matérielle qui lui fait défaut. L'unité allemande se dresse tout armée, en 1813, en face de l'homme qui croyait le moins à la puissance des idées et qui, en faisant violence aux idées nationales des peuples, leur communiqua de toutes parts une force irrésistible^

Dès lors l'Allemagne et la Prusse ont entrevu leur avenir. C'est dans cette période que le sentiment national se révéla sous l'excès de l'oppression et prit une puissance imprévue et invincible. C'est dans cette période où la Prusse personnifia le génie de l'Allemagne qu'elle a cherché depuis ses meilleurs titres de gloire. Pénétrés de ces souvenirs, sous l'empire des espérances qu'ils suscitaient, des courants d'idées qu'ils faisaient naître, les historiens allemands ont jugé ^ avec une passion que le sens historique modère parfois ^ mais n'éteint jamais, la politique qui conduisit la Prusse, par un déclin continu, de la mort de Frédéric II à la journée d'iéna. Ce que leur patriotisme condamne, c'est la défaillance morale d'une puissance dont la mission était de représenter les tendances nationales de l'Allemagne, et qui, bien loin d'être le guide de ses premières aspirations *, a donné l'exemple de l'effacement et de l'abandon. Cette longue décadence où, de chute en chute, la Prusse passa d'un éclat passager ;i un cITace-

1. Voir, sur la théorie «le l'alliance frnnco-priissicnnc au début, Bailleu, I, pp. X à xl. Voir pmir l'ailinncc, en nOj-ll'.iS, Tnllcyrand, Gaillard, Alvenslclien, ZaHtrow, ihifl.. pinxim el p. xxxviij. Voir en ISOI les reproches de Napoléon i\. Lucchexiiii sur In réserve de la Prusse. Bak.i.ku, II, p. xij.

2. Tmkiihciiki'., I, pp. rU), -ll.\. — IIakissuh, II, pp. -iiS, 010. — Pehti, I, p. 342. — Voir Slein en 1«0S. Pkhti, II, p. 211).

3. Voir Hurtout Icn juKfmenls de nAii.i.Rr, notamment snr llatigwil/, I, p|i. x h XX ; II, |t. XX.

4. llAti;«HMi, II, pp. 'l'O, TOI. — Vo.'* HKii (ioi.TZ, lloHibach unil léiiu, p. 279.

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