‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 250 sur 570 · JUGEMENTS PORTÉS SUR LA NEUTRALITÉ PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

JUGEMENTS PORTÉS SUR LA NEUTRALITÉ PRUSSIENNE

ment progressif, puis à une situation abaissée, enfin à l'effondrement qui suivit léna, a inspiré aux historiens dont nous parlons les sentiments les plus douloureux. Arrivés à la catastrophe qui en est la conclusion, il semble qu'ils respirent ^ La Prusse est anéantie; elle est plus abaissée qu'à aucune époque, plus réduite qu'à la mort de Frédéric II; elle a perdu des provinces qui ont fait depuis l'origine partie intégrante du Brandebourg; elle est séparée de l'Allemagne; son organisation intérieure est détruite; à peine sait-elle si elle existe encore sous le pied du vainqueur. Mais la défaite a dissipé cette atmosphère pesante d'étroitesse, d'inaction, d'incapacité, qui semble étouffer tout espoir d'avenir. Une ère nouvelle va commencer; la Prusse cessera de donner ce speclacle si humiliant pour le patriotisme allemand, qu'elle a présenté de 1796 à 1806.

Plus récemment, depuis la réalisation des destinées de la Prusse, de nouvelles tendances se sont manifestées. L'optimisme officiel a cherché à réhabiliter d'abord la personnalité de Frédéric-Guillaume 111 *, puis la polilicjue prassienne elle-même. Ce qui n'est pour d'autres qu'une longue série de faiblesses, préparant un désastre sans précédents, devient l'enchaînement fatal des événements. On ne cherche plus, en envisageant l'ensemble des faits, à discerner les responsabilités, à dégager les origines. On justifie, tant qu'elle est justifiable, la politique de neutralité. Lorsqu'elle cesse d'être défendable, on nous montre le gouvernement prussien victime, à chaque crise, de situations plus fortes que sa volonté ^ « Je ne sais », dit Ranke * lorsqu'il arrive aux événements qui rendent éclatant, vers la

1. Kiti ivie groszes Gluck im Grande fur Preuszen das Unglùck von 1806 war.y dit PiiiLii'i'soN, (lui n'est cependant pas un Prussien passionné, 1, p. 420. — Uaeusskh, II, p. 513. Es war der ersle Keim einev besseren Zeit, dit-il, ibid., II, p. 750; 111, IV, pp. 6f5, 173. — Tkeitsciike, I, pp. 245, 254, 268, 269. — VVe.nck, j). 228. — Die Schlacht von Jena, Oekauptete ich, eben in diesen Tagen der lloflnungsloaigkeit, wdre der erste Sieg iiber Napoléon. Stefeens, Was ich erlfbte. V, p. 192.

2. Ranke, Ihirdenberg, I, p. 027; III, p. 136; IV, pp. 11, 36. — Voir la défense de Fi-LMléric-Guillaume III par Dinckeh, Zur preussischen Geschichte. heuszen wuhrend der franzôsischen Okkupation, p. 270. jîlude publiée pour la preniièrç lois dans la Zeitschrifl fur preussische Geschichte und Landeskunde, 1871 .)— Voir les préoccupations dynastiques de l'école hislorique et les reproches adressés à Haeusser par Leuma.nn, Knesebcck und Schôn, p. 80.

3. Ranke, Uardenberg, I, pp. 625, 620. — Voir encore Baillec, II, p. Ixxiv. — Voir la critique dç ces appréciations, Seeley, Life and Times of Slein, I, pp. 218, 228, 234. » ) ^-1 >

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