I)«OYHK>. III, II, pp
9. Dhovwkx, III, I, p. 156. Le (îrand KU'cleur donne, dt's lors, lu rornuilu de ce qu'un ap|>idU'ni cent an» pluH tard « le despotisme éclairé »: «Je veux me souvenir »anH cesHo que ce. ne sonl point mes alFaires, mais celles de mon peuple que je dirige : Ich will in meinnn FiimUic/n'n Itcr/imrnt strls pinqodenk hleihen doMt et nirhl virini-, sundern fi it Volkrs Sac/ie ist, die ich /ii/iri\ El il prend pour devine : jirn liro ri populn. — Il est pénétré des iilées de l'absolutisme monareliii|ue, I)iuivai:.«(, III, p. 459; V, m, p. 12; et les tempère plutôt par l'esprit polilii|Uc (|ue par le Hentiment de la justice. Voir Diioyskn, III, ii, p. /«OO; III, tu, p. 539 — Il a rimuKinalioii allemande, croit aux sciences occultes. Ramkb, I-II, p. 380.
" l'oligarchie et l'état moderne. 25
les grands mots dont les Étals parent leur cause, il est impossible de s'y intéresser. Si les villes défendaient les restes de leur indépendance, la noblesse ne défendait en réalité qu'un état social au sein duquel elle exploitait et opprimait sans contrôle les populations rurales. Cette lutte eut ses martyrs \ mais ils n'inspirent pas une compassion sans mélange. L'exécution peu juridique de Kalkstein n'est pas à la gloire de l'Électeur ' : elle ne rend intéressants ni le caractère ni la cause de la noblesse prussienne.
Au terme de ces conflits qui avaient rempli l'intervalle des guerres longues et multiples où Frédéric-Guillaume s'était trouvé engagé dès le début de son règne, vers 1660, le résultat qu'il avait poursuivi avec tant de persistance était assuré \ Partout la situation respective de l'oligarchie et du souverain avait été fixée par ces actes solennels, qui avaient le caractère de contrats passés entre le prince et les États et qui portaient le nom de recès.
Si, dans le duché de Prusse, la résistance avait été plus obstinée et le résultat plus incomplet que partout ailleurs *, le Grand Électeur avait obtenu partout la reconnaissance de sa souveraineté, affranchi son pouvoir politique de la situation dépendante et humiliée où les États eussent voulu le tenir.
Il faudrait du reste se garder d'apprécier la transformation qui venait de s'accomplir uniquement par les résultats tangibles et apparents, qu'obtint le Grand Électeur. Si le pouvoir politique était passé de l'oligarchie au souverain, c'était plutôt moralement que matériellement. Le nouveau pouvoir avait plutôt créé partout l'impression durable de sa puissance qu'il n'avait réussi à s'organiser \ Il avait toutefois assez fait pour que le surplus dût s'ensuivre nécessairement.
Après les conflits aigus dont nous avons retracé les traits principaux, les Étals conservaient encore, à ne considérer les choses que superficiellement, le droit de consentir les impôts *. Dans les Mar-
1. Droysen, 111,11, p. 458; III, m, p. 210.— Ra\ke, MI, p. 2s8.
2. Protestations de la noblesse prussienne, Droyskn, III, m, p. 210; elle est condamnée par Droysen, ibid.