LE CONSEIL D'OSTERODE
partie de la Prusse, et même des points qu'ils n'occupaient pas encore, ne leur imposait, en échange, aucune obligation. Magdebourg étant tombé dans l'intervalle, et Blïicher ayant dû capituler, le vainqueur * exigea qu'on lui livrât encore Thorn, Graudenz et Praga. Les plénipotentiaires prussiens étaient prêts à signer. Le 16 novembre, à Gliarlotlcnbourg, ils acceptaient un armistice préparé sur ces bases', et qui devait être ratifié par le roi, le 21 novembre au plus tard. La Prusse s'engageait à retirer toutes ses troupes au nord-est du territoire et à livrer Thorn, Graudenz, Dantzig, Golberg, Lenczyk, Glogau, Breslau, Hameln et Nienburg, c'est-à-dire toute une partie du territoire que les Français n'occupèrent, en réalité, qu'après la campagne d'hiver '.
Ce fut seulement devant ces exigences que tombèrent les illusions du roi *. Dans le conseil qu'il réunit à Osterode, le 21 novembre *, Haugwitz ", le [)rince Henri, le ministre von Schrôtter, Kalckreuth, Geusau, Kleist, se prononcèrent ^ encore pour la soumission sans réserves, pour la ratification de l'armistice signé à Charlottenbourg par Lucchcsini et Zastrow. Le conseiller de cabinet Heyme, les ministres Vosz et Stein *, hommes de tendances, d'origines, de situations très diverses, le premier appartenant par ses attaches au parti de la cour ", le second, de tendances que l'on pourrait appeler conservatrices, le dernier enfin à la fois patriote et novateur, se prononcèrent "^ seuls pour une résolution énergique. Le roi suivit leur avis ". Ge fut à proprement parler le revirement de la politique prus-
d. Entrevue de Duroc avec les plénipotentiaires du i5 novembre 1806. Rankb, Hardenheyg, IV, p. 43. — Haeusaeu, 111, p. 48.
2. Hanke, llardenbertj. III, p. 2^9; IV, p. 44. — Haeussbr, III, p. 48.