Haeusskr, III, pp
2. Treitscuke, 1, p. "251. — Archives historiques du Ministère de la guei-re, Correspondance de la Grande Armée, 8 novemltre 1800; iltid., 21 novembre 1806, mémoire remis à Bignon. — Bignon, Histoire de France. — Makwitz, 1, p. 192.
3. Hasskwitz, I, p]). 108, 22i. Sept minisires le signent. — Pertz, I, p. 357.
4. Bassewitz, I, p. 113. — Voir sur l'insécurilé des renseignements de Bassewilz, Ranke, Hardenberg, IV, p. 36. — Nous avons retrouvé aux Archives nationales le procès-verbal et toutes les signatures, et l'on peut constater que le trait de courage relatif du conseiller von Balthasar a été inventé a|)rès coup; la tache d'encre n'existe point. Archives nationales, carton AF, IV, 1693.
Le roi écrivait encore, à la date du 7 novembre, au ministre von Angern de veiller à ce que Napoléon fût bien accueilli dans les demeures royales où il lui plairait de résider. Il recommandait, avec quelque naïveté, de l'y traiter en invité et de l'y héberger aux frais du trésor prussien.
Depuis les lettres de Frédéric-Guillaume III jusqu'au trait d'énergie du conseiller Balthasar, dont le courage s'élevait à renverser un encrier sur le procès -verbal de Bignon, jusqu'à la faiblesse de la noblesse fon-^ cière', tout concourt donc à donner la même impression : celle de la démoralisation, de l'abandon, de l'absence de caractère*.
Et cependant il ne faudrait point juger exclusivement sur ces apparences l'état de la Prusse à cette époque. Sans doute le particularisme, l'individualisme commode, le « philistinisme » y avaient exercé leurs ravages, comme dans le reste de l'Allemagne. Chacun semblait porté à laisser passer les événements, à accepter les faits accomplis, surtout lorsqu'il n'en était point directement et personnellement touché. C'étaient là des sentiments généralement répandus, en Prusse comme en Allemagne, et le prince de Hatzfeld les traduisait avec exactitude^ et non sans une certaine naïveté en s'adressant aux habitants de Berlin. « Une attitude calme ei digne », leur disait-il, « est la seule qui nous reste à prendre. Que nos pensées ne s'étendent point au delà de ce qui se passe dans nos murs. C'est là que sont concentrés tous nos intérêts, les seuls, les plus élevés. Ne nous occupons donc point d'autre chose. »
Mais si l'on envisage l'ensemble des événements, il est facile de reconnaître que le travail latent des siècles, qui faisait de la Prusse rr.tat allemand par excellence, le noyau de l'unité future, n'était point interrompu, et, que, sous les ruines de 1806, l'œuvre du Grand fllecicnr. de Frédéric-Guillanm(î 1" et de Frédéric II, avait laissé de$ traces destinées à ne i»oinl disparaître.
Tandis que les rives du Khin se laissaient assimiler par la France avec une extrême facilité * , tandis (jue Monigelas imjilantait si aisé-