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LA NATIONALITÉ PRUSSIENNE. 2o5
ment en Bavière une copie fidèle du régime français, tandis que la Saxe même portait si allègrement le joug de la Confédération du Rhin, ces régions de l'Allemagne du Nord où l'œuvre de la civilisation avait été plus retardée et plus ardue, avaient, malgré tout, conservé plus marqué le cachet de l'individualité nationale ', Nous avons montré la signillcatiou et l'importance de la résolution prise par le roi, à la suite du conseil d'Osterode. L'altitude de la reine, l'exaltation patriotique même de ce monde si frivole et si léger qui entourait le prince Louis-Ferdinand, le rôle de Hardenberg dans la politique extérieure, sont autant de symptômes d'une existence nationale, dont on chercherait en vain la trace dans le reste de l'Allemagne.
Le désastre de 1806, l'abdication nationale qui suivit, étaient la banqueroute de l'aristocratie prussienne, de la caste militaire, de l'organisation sociale instituée à son profit *. Il y avait, malgré tout, derrière la façade vermoulue de cet édifice suranné, le noyau latent d'une nationalité que l'occupation étrangère devait achever de former ^ Bien des signes que les contemporains ne pouvaient saisir encore, l'indiquaient dès lors *. Napoléon le sentait lui-même, et manifestait ses méfiances par la passion particulière de son action contre la Prusse". L'avenir, un avenir prochain, allait le démontrer d'une façon irréfutable.
Nulle part, cet avenir n'était moins entrevu, nulle part ces tendances n'étaient plus ignorées qu'au centre même du gouvernement.
i. Pertz, I, p. 251. — Trbitsciikb, I, pp. 252, 2oo, 257. — Les plaintes des territoires arrachés à la Prusse. Theitschkk, I, p. 267. — Archices historiques du Ministère de la guerre, Correspondance de la Grande Armée, 24 juillet 1807, lettre de Clarke : une excessive douleur vraiment nationale de la perte que fait la Prusse; 5 août 1801, lettre de Clarke : la jactance des Prussiens en général et leur orgueil me surprennent tous les jours: 11 septembre 1S07, lettre de Victor: cette race incorrigible. — Schi.adk.n, Tar/ebuch, pp. 39, 70.