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LA RETRAITE DE HAUGWITZ

capable, ni de diriger, ni de comprendre les destinées de son peuple, et qu'elles devaient s'accomplir sans lui et malgré lui.

La résolution, prise par le roi à la suite du conseil d'Osterode, semblait entraîner la retraite immédiate des hommes qui avaient jusqu'alors dirigé la politique prussienne, et qui venaient encore de conseiller au roi des résolutions toutes différentes de celles auxquelles il s'était arrêté.

Dès le premier jour, Haugwitz offrait au roi de se retirer *, et si l'opinion, assez malveillante pour Haugwitz, lui reprochait, non sans quelque inconséquence peut-être, d'abandonner l'État au milieu des écueils sur lesquels il l'avait fait échouer *, il ne semblait pas que le roi pût avoir d'hésitation à se séparer de lui. Il en eut cependant. Non seulement, suivant la vieille méthode, le poste de Haugwitz ne fut offert qu'à titre intérimaire à ceux qu'on songea tout d'abord à lui donner comme successeurs, mais il fallut que le roi, pour accepter, même provisoirement, la retraite de Haugwitz se donnât à lui-même le prétexte d'une maladie ', Dans la seconde lettre adressée à l'empereur de Russie, à la date du 30 novembre 1806, Frédéric-Guillaume HI, après lui avoir annoncé la retraite de Haugwitz, atténuait assez maladroitement l'effet de la mesure prise, en donnant à entendre qu'il ne s'y était arrêté qu'à contre-cœur.

« Il suffisait néanmoins », disait-il *, « que la prolongation de sa gestion pût altérer le moins du monde cet abandon de conhance qui, aujourd'hui, plus que jamais, Sire, doit être la base de nos rapports, pour m'engager à accepter l'offre de sa retraite, qu'une ophtalmie, aussi sérieuse qu'opiniâtre, a déterminé le comte Haugwitz à me faire. Je n'y ai souscrit, je l'avoue, qu'avec regret, mais dans la persuasion que je devais à ces mêmes rapports un sacritice qui servît à constater de nouveau toute la vérité et l'étendue de mes sentiments inviolables. »

Haugwitz conservait d'ailleurs le titre de ministre et des appointements élevés. Lombard et son frère, le premier assez mal traité, comme on l'a vu, s'étaient retirés à Graudenz en attendant que le

1. Uankk, llurdenberg, IV, p. 50. — Haelsser, III, p. 51. — ScHL.\DEir, Preussen in den Jahren 1806 imd 1807. Ein Tar/ebuch, p. 52.

2. Ranke, Hardenberg, III, p. 232. — Schladbr, Preussen in den Jahren 1808 und 1807. Ein Tagebuch, p. 65.

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