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vigueur extrême, d'une part à la politique suivie depuis plusieurs années, qui, si elle était celle du cabinet, était bien aussi celle du roi; et, de l'autre, à l'organisation gouvernementale de la Prusse.
La réorganisation du mécanisme gouvernemental semblait, à cette époque, tenir la première place dans les préoccupations des patriotes prussiens *. Ils y attachaient évidemment une importance excessive,, et c'était, en réalité, une question secondaire ^
Il est bien diflicile de penser qu'en pareille matière, les systèmes aient une valeur absolue. Si l'entourage du roi se fût composé d'hommes capables et résolus, si sa politique n'eût pas été aussi lamentable, il est probable qu'on n'eût point songé à demander une réforme de l'organisation gouvernementale. C'est le propre, d'ailleurs^ de la monarchie absolue qu'elle approprie, qu'elle modèle ses formes sur les circonstances, sur le caractère du souverain. Elle a pu réaliser l'unité de direction, la netteté et la résolution politiques, de façons très diverses : soit que le souverain ait concentré en lui-même toute direction, soit qu'on l'ait vu remettre son autorité aux mains d'un ministre tout-puissant. Il y a si peu d'absolu en pareille matière qua Frédéric II avait pratiqué le premier système, que Stein con^cjUlait au roi de faire passer la direction effective au conseil des ministres, qui se serait trouvé ainsi substitué au cabinet avec des attributions assez analogues, et qu'en fin de compte, le roi dut, pour ainsi dire, abdiquer entre les mains d'un ministre dirigeant dont les fonctions furent remplies, d'abord par Hardonberg, puis par Stein.
Ce qui donnait au débat son caractère aigu et son importance, c'est que sous le conilit de vues théoriques contradictoires, se cachait Thostilité de deux ])olitiques " : l'une — c'était celle du roi — venait de subir la condamnation des événements, et l'opinion de ces temps monarchiques songeait à peine à en faire remonter la responsabilité au souverain *; l'autre cherchait à s'imposera Frédéric- Guillaiinu' III. (Vest sur ce terrain (pu; l'entèlement de Stein, qui était celui d'un caractère bien trempé et un peu étroit, et l'entêtement du roi, qui était celui d'un homme incapable et faible, allaient se heurter.