l'EKTZ, 1, p
Frédéric-Guillaume III consentait bien à former une sorte de conseil, qui se composerait de trois ministres : celui des affaires étrangères, un général chargé de la direction des affaires militaires, un ministre entre les mains duquel serait concentrée la direction des affaires intérieures. Ces trois ministres seraient mis en rapports directs entre eux et avec le roi ; mais le cabinet subsisterait en dehors de ce nouveau conseil, et un conseiller de cabinet assisterait aux séances en qualité de secrétaire et tiendrait le procès- verbal.
Aucune des personnes qui devaient accepter ces quatre postes n'était désignée, mais il- était évident que, dans la pensée du roi, c'était Beyme qui devait être secrétaire du conseil.
Beyme répondait d'ailleurs à l'argumentation de Stein. Il rappelait que l'on avait constamment, dans la monarchie prussienne, tendu à diviser les fonctions dans un sentiment de méfiance à l'égard de ceux auxquels elles étaient confiées *. Sans doute, disait Beyme, c'était un tort d'avoir élevé ce sentiment de méfiance à la hauteur d'un principe; mais il fallait bien prendre les choses comme elles étaient. Et comment éviter, dans l'état de complication extrême de tous les rouages, les conflits incessants, si l'on n'avait centralisé les affaires au cabinet du roi *?
Et, le fonds du débat perçant malgré tout, Beyme laissait apparaître la préoccupation de défendre la politique personnelle de Frédéric-Guillaume III que Stein n'avait pourtant pas attaquée d'une façon directe.
Sans doute, disait-il, l'action du cabinet peut être funeste, si le roi laisse échapper la direction des affaires, et l'abandonne aux hommes qui ne d(;vraient être, entre ses mains, que des instruments sans aiitorilé et sans responsabilité. Mais n'avons-nous pas, ajoutait-il aussitôt — et il était peut-être difficile à Stein de le contredire exjilicitemenl sur ce point, — n'avons-nous pas le bonheur do posséder un monarque jaloux de ne partager avec personne les charges du |iouvoir et U- soin de n-ndre ses sujets heiu'eux '?
Et ailleurs encore, obligé de reconnaître les résultats lamentables des dix premières années du règne, il plaidait pres(pie les circoiis-