OUVERTURES FAITES A HARDENBERG
(ances atténuantes et s'écriait dans le style de l'époque : « Dans ces temps douloureux, il fallait sur le trône un Sylla, comment un Titus eût-il pu y être heureux '? «
L'argument n'était peut-être pas sans réplique. Mais, en se laissant entraîner sur ce sujet délicat, Beyme, interprète des sentiments du roi, laissait deviner les préoccupations personnelles et monarchiques qui arrêtaient encore Frédéric-Guillaume III dans la voie où le pressaient d'entrer les intérêts les plus vitaux de la nation qu'il gouvernait.
Cependant le débat ne devait pas rester circonscrit entre Stein et Beyme. Dès le 7 décembre ', le roi avait écrit à Riichel — à peine remis de ses blessures, auquel il réservait le poste de ministre de la guerre — et Hardenberg avait enfin reçu des ouvertures '. Il raconte lui-même qu'il avait fait tous ses préparatifs de départ et qu'il déjeunait chez Riichel, lorsqu'il vit celui-ci revenir tout joyeux de chez le roi. Riichel annonça qu'il avait reçu mission d'offrir à Hardenberg le ministère des affaires étrangères. Le roi s'était exprimé en termes des plus flatteurs sur le compte de Hardenberg. Et puis, avait-il ajouté, avec une intention d'ironie, Hardenberg n'est-il point U' Oivori du peuple, die Puppe des Volkes *?
Les trois ministres qui pouvaient se croire désignés pour former le nouveau conseil, Hardenberg, Riichel et Stein, se réunirent chez ce dernier et y rédigèrent à la date du \!\ décembre un programme d'organisation gouvernementale \
Tandis que Stein poursuivait ®, de son côté, et pour sa satisfaction personnelle, la discussion théorique et historique sur les mérites comparés du conseil des ministres et du cabinet, et faisait ressortir ce qu'avait de boiteux et d'incomplet la solution imaginée par le roi et par Beyme, le mémoire du ih décembre ^ signé de Hardenberg, de Stein et de Riichel, et que ce dernier devait remettre au roi, avait un caractère un peu différent. Hardenberg, laissant à deux de ses conseillers, Na;2;Ier et Altenstein, le soin d'annoter la lettre et le plan