‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 304 sur 570 · Ranke, Hardenberg, 111, p · texte numérisé non relu

Ranke, Hardenberg, 111, p

6. Pertz, I, p. 376. — Zu Schutz und Trutz am Grabe SchÔn's, pp. 138-139, 1. Pertz, I, p. 376.

d'organisation de Beyme, avait rédigé lui-même le mémoire destiné au roi *. Le côté pratique et politique du débat y était plus nettement dégagé que dans la première lettre de Stein.

L'influence du cabinet, disaient les signataires du mémoire, devait être définitivement et complètement écartée. L'état de l'opinion, très irritée contre le cabinet, exigeait ce sacrifice qui fortifierait la couronne, bien loin de porter atteinte à sa dignité *. Se conformant dans une certaine mesure aux idées du roi, ils proposaient la formation d'un conseil des ministres composé de trois membres, mais auquel toutes les affaires seraient soumises en dernier ressort.

Ils passaient sous silence le projet formé par le roi de confier les fonctions de secrétaire du conseil à un membre de l'ancien cabinet, qui assisterait aux débats. Ils insistaient enfin sur la nécessité d'arrêter la nouvelle organisation, non point à titre provisoire et intérimaire, mais au contraire de lui donner un caractère définitif et de publier hautement les nouvelles décisions.

Dans une note % jointe au mémoire et qu'il remit à Riichcl, Hardenberg dégageait plus clairement encore, en développant ses idées personnelles, la pensée politique dont Stein et lui s'inspiraient.

« Il est indispensable », disait-il, « que le roi éloigne de sa personne les deux conseillers de cabinet actuels (c'étaient Beyme et Lombard), parce que tout dépend de la confiance que l'on saura inspirer aux cours étrangères, qui seules peuvent nous sauver, parce que tout dépend * des liens de confiance mutuelle que l'on établira entre le roi et son peuple.

« A l'extérieur », ajoutait-il, « l'opinion qu'on a de Beyme et de Lombard est déplorable. A l'intérieur, elle est la même. Elle porte la plus grave atteinte aux sentiments de confiance mutuelle entre le roi et son peuplr; car la croyance universelle est que ces hommes dominent et conduisent le roi.

« Je suis quant à moi », disait-il enfin, « fermement 7'ésolu " à ne

1. Rai^kr, Hardenherg, III, pp. 240-241; remis le 14 décembre, d'après Pertz, I, p. :m.

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