LES HÉSITATIONS DE FRÉDÉRIC-GUILLAUME III
point prendre la direction des affaires, si ces hommes ne sont point écartés et si le cabinet subsiste à côté du nouveau conseil. »
Ce langage prouve que Hardenberg savait au besoin montrer de la fermeté. C'était un véritable ultimatum que lui, Stein et Riichel adressaient à Frédéric-Guillaume 111. Leur intention assez clairement exprimée était de se saisir du pouvoir et d'imposer au roi une politique nouvelle et la direction d'une sorte de triumvirat.
Cet ultimatum ne parvint entre les mains du roi que le 17. Riichel ', plus courtisan que Stein et que Hardenberg, voulut attendre pour remettre le mémoire à Frédéric-Guillaume III que le roi l'invitât à parler '. Il garda la lettre de Hardenberg. Entre temps les événements étaient venus accentuer encore les hésitations de Frédéric-Guillaume III. Quelque méllance qu'inspirât à Stein et à Hardenberg la résolution du souverain, cette volonté llottante se montra plus fuyante encore qu'ils ne l'avaient supposé.
Le 16 décembre, c'est-à-dire deux jours après la rédaction du mémoire de Hardenberg, Lucchesini et Zastrow arrivèrent à Kônigsberg, revenant de Posen ', où ils avaient eu une entrevue avec Napoléon.
On a vu dans le journal de Schiaden la trace des espérances que cette entrevue avait fait naître au sein du parti de la paix. Napoléon y avait tracé le programme d'une pacilication générale de l'Europe et Zastrow semblait y voir une ouverture à engager de nouvelles négociations. Il y découvrait une atténuation, une modification tout au moins, des conditions indiquées par Talleyrand dans la note du 16 novembre, à l'époque de l'armistice de Charlottenburg. Il couseillait de ne pas rompre les ponts; il conseillait surtout — il avait sans doute ses raisons personnelles pour le faire, — il conseillait surtout de ne point confier à Hardenberg le ministère des affaires étrangères. Pourquoi ne pas lui donner l'intérieur, et les affaires étrangères à Stein *? C'était un dernier retour offensif du parti de la paix : il fut couronné de succès \
Le mémoire du 1/i décembre, adressé au roi le 17 par Riichel, se