‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 309 sur 570 · Ranke, Hardenberg, III, p. 247. — Pertz, I, p · texte numérisé non relu

Ranke, Hardenberg, III, p. 247. — Pertz, I, p

serverait les fonctions qu'il avait remplies jusqu'alors; mais il ne voulait pas, en acceptant le poste nouveau qui lui était offert et que la situation faite à Beyme rendait inacceptable, paraître donner sa sanction à l'organisation du nouveau conseil.

Riichel fut chargé de transmettre le résultat de cette délibération commune au roi; mais, quoiqu'il parût blâmer la décision du roi, c'était un esprit bien moins précis et un caractère bien moins ferme que celui de Stein. Traduisit-il incomplètement les intentions de Stein ou s'expliqua-t-il mal *? le roi ne voulut-il point comprendre? quoi qu'il en soit, il y eut malentendu et le malentendu aboutit à un éclat.

Le roi ayant fait adresser à Stein les dossiers d'un certain nombre d'affaires * qui rentraient dans ses nouvelles attributions et non dans les anciennes, Stein refusa purement et simplement de traiter les affaires *.

Le 3 janvier, l'irritation du roi, longtemps contenue, éclata dans une lettre de formes violentes *. Elle est intéressante, parce qu'elle indique à la fois la considération qu'avait Frédéric-Guillaume III pour les mérites de Stein et l'antipathie profonde que lui inspirait ce caractère âpre et résolu en contraste si absolu avec le sien. Elle laisse apparaître en même temps un autre trait plus louable du caractère de Frédéric-Guillaume III. Quoiqu'il eût depuis longtemps ce qu'il appelait des préventions contre Stein, quoiqu'il éprouvât une sorte de répugnance instinctive pour cette volonté plus forte que la sienne *, quoiqu'il eût le sentiment peu agréable de la supériorité de Stein, il avait eu cependant assez de conscience pour l'appeler à un poste élevé, et cela après même la récente manifestation du mois de septembre, qui avait dû blesser profondément le monarque, et qui était en effet restée, avec toute une série d'autres griefs, soigneusement notée dans son esprit.

« J'avais depuis longtemps », disait le roi *, « des préjugés contre vous. A la vérité, je vous considérais comme un homme plein de talents,

1. Pmtz, I, p. 39i. — Zu Schulz und Trutz am Grabe Schiin's. pp. 140-141.

2. Il s'nK'»8ftil <lc 'Joniicr/l la hanqiio l'ordre de payer les frais d'entretien de l'Kmpcreur n Ucriin. Hankk, llnrdvnbi'i-g, 111, p. 26(1. — Pkrtz, 1, p. .'J'J2.

3. Ra>kp., llnrd*-nherg. III, p. 260. — lu Schulz und Trutz am Grabc Scliiin't, pp. 1*0, Ul, 14.'J, — Aua den Papieren Schùn's, Seconde autobiographie, III, p. 117.

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