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LA RUPTURE ET LE RENVOI DE STEIN

réfléchi, capable de grandes conceptions; mais, en même temps, je vous tenais pour excentrique et original, pour un homme qui considérait toujours son opinion comme la seule vraie, et qui pouvait difficilement se plier aux exigences d'un poste où les points de contact avec l'extérieur sont multiples. Je surmontai ces préventions, car je me suis fait une loi de me guider dans le choix des serviteurs de l'État, non d'après des caprices personnels, mais d'après des motifs raisonnables, »

Puis venait l'énumération des griefs accumulés depuis une année :

« Je dus reconnaître à mon grand regret que je ne m'étais point trompé dans mes impressions du début, mais que je devais vous considérer comme un fonctionnaire animé d'un esprit d'opposition systématique et offensant, insubordonné, obstiné, plein de confiance dans son génie et ses talents, et qui, bien éloigné d'avoir toujours devant les yeux les intérêts généraux du pays, se guidait sur ses caprices, ses passions, ses haines et ses rancunes personnelles;... puisque vous faites profession d'aimer la vérité, j'ai tenu à vous dire, une fois pour toutes, toute ma pensée en bon Allemand *. »

C'était un congé, et des plus offensants. Stein le releva aussitôt. Le 3 janvier*, il répondit au roi :

« Votre Majesté me considère comme un fonctionnaire animé d'un esprit d'opposition systématique... »; et il reprenait les termes mômes de la lettre royale. « Comme je pense avec Votre Majesté que de semblables fonctionnaires peuvent exercer sur la direction des affaires une action funeste et dangereuse, je la prie d'accepter ma démission. »

Le roi répondit le à \

« Le baron de Stein s'est jugé lui-même dans sa lettre en date d'hier; je n'ai rien à ajouter. »

Pour une fois, le roi avait trouvé dans un sentiment, personnel et mal compris, de dignité blessée, la force de s'exprimer avec quelque énergie. Il eut, quelques mois plus tard, à s'incliner entièrement, à s'abandonner entre les mains du ministre rebelle. L'attitude de Stein fut approuvée alors, même par des hommes de caractère et d'esprit

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