‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 322 sur 570 · Rambe, Hardenberg, 111, p · texte numérisé non relu

Rambe, Hardenberg, 111, p

l'arrivée D'ALEXANDRE. 287

sentait au roi les quelques pièces relatives aux affaires extérieures qu'il avait à signer. On lisait les plus importantes, mais aucune délibération générale n'avait lieu. Le roi nous laissait consulter les documents communiqués ; c'étaient, la plupart du temps, des nouvelles du théâtre de la guerre. Il se promenait de long en large; on causait, puis chacun rentrait chez soi et agissait dans le département qui lui était confié comme il lui semblait bon. Pour moi, n'ayant point d'attributions spéciales, je n'avais rien à faire. »

Puis les querelles personnelles, les vanités puériles : Kleist refuse de se retirer après avoir fait son rapport; Beyme offense tout le monde par son ton arrogant.

« Je pris le moins de part possible à tout cela », conclut Hardenberg, « et je me contentai d'observer. »

« D'ailleurs », ajoute-t-il, « cette organisation ne dura pas beaucoup plus de quatorze jours. »

Dans les premiers jours d'avril, en effet, Alexandre venait d'arriver à Memel et les affaires allaient prendre une nouvelle face '. Le jour même de son arrivée, le 2 avril, Alexandre s'entretint longuement avec Hardenberg. Il lui fit connaître ses intentions. Il allait demander formellement à Frédéric-Guillaume III, tant en son nom propre qu'au nom de l'Angleterre, de remettre aux mains de Hardenberg la direction des affaires *.

Le /i avril, Alexandre ayant emmené Frédéric-Guillaume IH à Kydullen, pour lui faire passer en revue les troupes russes qui venaient d'arriver, et sans doute aussi pour l'arracher aux influences de son entourage, Hardenberg fut invité à suivre les deux monarques. Zastrow avait reçu la même invitation ; mais le czar lui avait témoigné une froideur si marquée que, froissé de la préférence visible accordée à Hardenberg et se refusant à partager avec lui la direction des affaires extérieures, il déclina l'invitation qui lui était adressée •*.

• En relations particulières avec le roi, la reine de Prusse * et

1. Ranke, Hardenberg, IV, p. 63; III, p. 326. — Peutz, I, p. 444. — Aus den Papieren Schôn's, I, p. 37.

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