Ranke, Hardenberg, IV, p. 10; 111, p
4. Voir l'intervention de la reine dans la politique. Elle veut demander per sonnellement à Alexandre de prendre lui-même le commandement de l'armée Ranke, Hardenberg, IV, p. 11.
l'empereur Alexandre, — seul avec Kleist dont les attributions ne s'étendaient point au delà des affaires militaires et dont le roi se plaignait souvent *, — représentant auprès du souverain tout ie ministère prussien', sans même l'intermédiaire obligé des conseillers de cabinet et de l'entourage personnel — car Beyme était resté à Memel, — comblé de la confiance insinuante du czar qui lui demandait de remplir auprès de lui l'office de ministre des affaires étrangères, Hardenberg touchait au but; et dans cette intimité étroite, ménagée sans doute à dessein par Alexandre, il n'avait pas de peine à ressaisir le pouvoir '.
Le 10 avril, le roi lui confiait formellement le ministère des affaires étrangères *; il n'avait eu jusque-là que le titre de ministre d'État sans attributions spéciales. Le roi le nommsiil premier ministre de cabinet (c'est-à-dire des affaires étrangères), ce qui impliquait la pensée de conserver Zastrow comme second ministre de cabinet. En vain Hardenberg livrait au souverain un nouvel assaut, démontrait qu'il lui était indispensable d'avoir toute sa confiance; Frédéric- Guillaume III se dérobait encore par des faux-fuyants. « La force de l'habitude », dit Hardenberg, « la répugnance à avoir affaire à de nouveaux visages, étaient encore trop fortes. »
« Cependant », ajoute-t-il, « ce nouveau mode de travail ne tarda pas à plaire au roi. J'eus le bonheur de pénétrer chaque jour plus avant dans sa confiance. Je pouvais le voir à toute heure du jour et comme je voulais. Ma liberté de langage, souvent très grande, mais qui ne s'écartait jamais des convenances et du respect que l'on doit à son roi, qui portait d'ailleurs le caractère d'un attachement sincère et des intentions les plus droites, ne lui déplut pas \ »
Zastrow, de caractère fort emporté, devait d'ailleurs hâter la solution. Il avait écrit au roi pour refuser de partager le ministère avec Hardenberg, et d'un style qui avait indigné Frédéric-Guillaume III, sans lui donner encore le courage de se défaire de Zastrow.
Hardenberg, avait cependant, dès le 26 ', été chargé de préparer