‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 385 sur 570 · LE TESTAMENT POLITIQUE DE HARDENBERG · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT POLITIQUE DE HARDENBERG

« c'est seulement en apparence que la nation prend part à la direction des affaires publiques, le mécanisme bureaucratique, coûteux et pénétrant partout, est conduit par la volonté arbitraire d'un seul homme. » De part et d'autre, Stein était sous l'empire de la même erreur. Il ne savait pas discerner, sous les vices de l'organisation impériale, les progrès que la France avait réalisés, par la révolution sociale, vers la participation de la nation à la gestion de ses affaires. Il ne savait pas non plus reconnaître, avec une netteté suffisante, qu'en Prusse l'affranchissement social était le prolégomène indispensable des réformes politiques qu'il envisageait, et, qu'avant de songer à faire une part à la nation dans la direction politique ou même dans l'administration, il fallait émanciper les éléments sociaux encore asservis par l'oppression privée, dernier legs de la féodalité*.

Le biographe anglais de Stein, Seeley, lui reproche de n'avoir pas compris la nécessité d'une réforme profonde au lendemain des désastres. Il nous paraîtrait plus juste de dire qu'il ne sut pas discerner clairement, dès le début, le caractère essentiel de la réforme à entreprendre*. Cette erreur est des plus sensibles dans le programme qu'il traça à Nassau et qu'il apporta à Memel. il n'hésita cependant pas à s'approprier dès son arrivée les projets de la commission immédiate; mais on ne peut point dire qu'il ait conçu nettement et dans leur ensemble les idées fondamentales qui devaient diriger la réorganisation politique de l'État prussien.

Hardenberg les avait embrassées depuis le mois de septembre 1807. Quelle différence entre son rapport au roi ^ écrit à cette date, et le mémoire de Stein*! Ses jugements sur la situation de l'Europe sont ceux mêmes de la postérité.

« Les événements », écrit-il", « qui depuis plusieurs années excitent

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