‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 396 sur 570 · Hassel, 1, pp. 113, IIG · texte numérisé non relu

Hassel, 1, pp. 113, IIG

1 Hassel, I, pp. 29, 118, 120.

d'existence. En butte à des humiliations incessantes, réduit à un territoire exigu, impuissant à agir, clans les provinces même que le traité de Tilsit lui avait laissées, il sentait trop bien la vérité de cette affirmation que Napoléon et Daru lui répétaient sans cesse : à savoir que le sort de la Prusse, on eût pu dire son existence, dépendaient des combinaisons de la politique générale de l'Europe *. Acculé dans une impasse, le gouvernement prussien se heurtait au mur d'airain de la force viclorieuse, à la volonté bien arrêtée de laisser son sort en suspens *. Il demeurait à la merci d'événements sur lesquels il ne pouvait rien ^.

C'était peu à peu seulement qu'il était arrivé à concevoir la situation. La commission immédiate de Berlin, dont Sack dirigeait les travaux avec fermeté, l'avait pressentie dans ses premières conférences avec Daru, dès la fin d'août. Stein, à son passage à Berlin, à la fin de septembre, avait commencé à la reconnaître. Le maintien de l'occupation, le caractère des exigences françaises, le refus maintenu avec persistance par Napoléon de recevoir Knobelsdorff, que le roi avait envoyé à Paris dès le mois de juillet, achevaient de la dévoiler *.

Le roi, sous l'influence des conseils de résignation reçus de Saint- Pétersbourg % avait pris, le 6 octobre, la résolution de céder à la plupart des exigences de la France. Il conservait encore visiblement l'espoir de recouvrer la libre disposition des territoires qui lui restaient '. Ces dernières illusions durent disparaître lorsqu'il apprit que, le U octobre, Daru avait pris toutes les mesures nécessaires pour mettre la main, sans plus attendre, sur tous les revenus de l'État prussien et pour les recouvrer directement \ « Notre arrêt de mort est prononcé », écrivait la reine le 29 octobre*, lorsqu'elle connut les exigences formulées par Daru le 19.

Le gouvernement prussien se résolut alors, en novembre, à une

1. Voir nolammenl l'Empereur dans l'entretien du 23 février avec le prince Guillniim*'. Hasabi., I, p. 120.

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