LA MISSION DU PRINCE GUILLAUME
nouvelle démarche. Le prince Guillaume, frère du roi, dut se rendre ' à Paris, s'assurer, s'il se pouvait, des intentions de Napoléon, tenter d'obtenir que le sort de la Prusse fût définitivement fixé. Le prince était accompagné par Alexandre de Humboldt, que ses travaux déjà célèbres ne désignaient point pour une mission diplomatique, mais qui comptait dans la société parisienne de nombreuses relations '.
Le prince apportait à Napoléon, comme gages de la sincérité de la Prusse, une proposition d'alliance offensive et défensive sans réserves — les casus fœderis n'y étaient môme point prévus, — et, au besoin même, la promesse d'une accession à la Confédération du Rhin '.
Les historiens allemands sont beaucoup moins sévères * pour cette résolution que pour la décision analogue à laquelle Frédéric-Guillaume III s'était arrêté, à Graudenz, en novembre 1806. C'est que la situation était tout autre.
En 1800, la Prusse, appuyée sur ralliance russe, avait encore la possibilité de prolonger sa résistance. C'est à cette résolution qu'elle s'arrêta en tin de compte, et elle réussit, en s'y arrêtant, à sauvegarder, dans une certaine mesure, le sentiment national.
En novembre 1807, il en était autrement. Toute ressource de résistance faisait défaut à la Prusse : elle subissait véritablement la loi de la nécessité, et les propositions d'alliance qu'elle faisait à la France étaient le seul moyen qu'elle entrevît de reconquérir une existence indépendante et d'assurer les conditions essentielles du relèvement national. Le caractère des hommes auxquels le roi avait alors remis la direction de la politique prussienne était une garantie certaine qu'ils ne fussent pas entrés, sans arrière-pensée et sans l'espoir de réserver un avenir meilleur, dans l'alliance française et dans la Confédération du Rhin.
Mais si la commission immédiate de Berlin et Sack s'étaient trouvés impuissants " pour amener Daru à une conclusion précise, le prince Guillaume * ne fut pas plus heureux dans l'entrevue qu'il eut avec