‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 404 sur 570 · llAHiri. 1. p. H · texte numérisé non relu

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Mais Stein avait imaginé, pour tirer parti des domaines, un procédé plus heureux *. On se souvient que l'ensemble des biens nobles de chaque province constituait le gage d'associations aristocratiques qui s'étaient formées, à la fin du xviii" siècle, pour procurer à la noblesse foncière les capitaux dont elle avait besoin. Ces associations avaient échappé, du moins au début, à l'attention des Français *. Elles avaient le caractère d'établissements de crédit mutuel; leurs obligations circulaient peu, restaient dans les mêmes mains. Jusqu'à la fin de 1808, leur cours n'avait pas varié, tandis que les obligations émises par les comités de recouvrement perdaient la moitié de leur valeur. L'idée de Stein était d'utiliser le crédit de ces associations, en y adjoignant les domaines. Elles pouvaient facilement, en les englobant, en accroissant ainsi leur gage, faire bénéficier l'État de leur crédit propre et de leur situation favorable et lui faire des avances considérables.

Ce fut en novembre 1807 que Stein engagea les premières négociations avec l'association de la Prusse orientale. Elles ne se nouèrent réellement qu'en février 1808. L'esprit oligarchique ne se prêta pas sans résistance aux projets du premier ministre. 11 y avait eu, de tout temps, entre le domaine royal et les biens nobles, quoique la constitution en fût toute semblable, une certaine opposition d'intérêts; et, d'ailleurs, l'aristocratie pouvait invoquer des motifs sérieux. On demandait à l'association de la Prusse orientale, qui comprenait un ensemble de propriétés nobles dont la valeur, libre de toutes dettes, ne s'élevait pas au delà de 22 millions et demi de francs, d'englober des domaines royaux d'une valeur de plus de 56 millions de francs et d'émettre pour plus de 26 millions de francs d'obligations nouvelles. L'État était un débiteur redoutable à introduire dans l'association, et la majorité des assemblées de cercle se prononça contre le projet ^

Stein arriva cependant à ses fins, sans recourir à la contrainte. Nous savons que la Prusse orientale, seule peut-être des provinces prussiennes, renfermait une classe de propriétaires libres et ^on nobles, que l'on appelait les Kùlmer *. Admis anciennement dans

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