l'f.MTZ, I, p. 139. — llASsri., I, p
3. Pkhtz, 11, pp. 101, 107. "1 millions de francs : 19 millions de ihalers. — Hamkl, pp. 143, 144.
l'opposition du parti aristocratique. 359
dominante qu'elle occupait, non seulement dans l'administration et dans l'armée, mais aussi dans la constitution sociale '.
Et il n'était pas difficile de retrouver, dans les agissements de cette aristocratie, non plus sans doute dans toute leur brutalité les abus d'autrefois et l'ancien esprit oligarchique, mais cependant encore la persévérance de quelques-uns de ses traits, la prédominance de l'intérêt et de l'esprit de caste sur le sentiment de l'intérêt collectif *, et l'idée persistante que la propriété noble formait, avec ses privilèges jalousement défendus, un État dans l'État. N'était-ce pas les États de la Prusse orientale qui, au mois de décembre 1806, lorsque le roi songeait à la levée en masse, avaient rappelé le privilège ancien qui dispensait la noblesse d'y prendre part; et les États des Marches, en envoyant au roi de Prusse, à Memel, une députation qui lui portait l'expression de leur dévouement, n'avaient-ils pas soin de lui demander l'assurance qu'il ne songeait pas à toucher à la constitution aristocratique. C'est à peine si, quelques mois après léna, le sentiment récent de la banqueroute éclatante de l'ancienne organisation sociale mettait une sourdine aux manifestations de ce genre.
Le gouvernement, depuis l'avènement de Hardenberg et de Stein, n'était plus entre les mains du parti aristocratique. Mais à quoi était alors réduit le gouvernement en Prusse? Et, même à celte ombre de gouvernement, l'aristocratie n'avait pas hésité à déclarer la guerre. Elle suscitait ' mille obstacles, et non sans succès, aux réformes que Stein et ses amis s'efforçaient de réaliser. Elle engageait, autour du roi à Memel, autour de l'occupation française à Berlin, mille intrigues compliquées *.
La coterie aristocratique qui cherchait à reprendre, sur le souverain et sur le gouvernement, l'empire qui lui échappait, représentait la résistance aux réformes. Elle représentait aussi les tendances ' qui avaient été, avant léna, personnifiées par Lombard et par le cabinet.
1. Aus dem Nachlasse Ludwig's von der Marwitz, I, p. 278. — Seeley, Life and Times of Stein, I, p. 499.
2. Lehmann, Knesebeck und Schôn, pp. 240, 295. La préoccupation dominante de la noblesse durant la campagne de 1806 est la crainte d'un soulèvement des paysans et d'une dislocation de l'ancien ordre social.