‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 447 sur 570 · Lehmann, Schamhorst, II, pp · texte numérisé non relu

Lehmann, Schamhorst, II, pp

3. Lehmann, Scharnhorst, II, p. 39. — La milice nationale opposée à l'armée permanente, p. 86.

4. Lehmann, Scharnhorst, II, pp. 73, 74. — Wenck, Deutschland vor hundert Jahren, pp. 132, 133.

5. Les idées de Herzberg. Lehmann, Scharnhorst, I, pp. 77, 73. — Voir WôUner, ibid., p. 75; Mirabeau, p. 76.

armées nationales et à multiplier les exemptions du recrutement, à vouloir les milices nationales et à témoigner pour tout ce qui touchait à l'armée un éloignement si marqué. Hardenberg et Altenstein, l'école du XVIII* siècle, l'école libérale moderne, recherchaient, comme les réformateurs militaires, comme Scharnhorst et Gneisenau, une association plus étroite de l'armée et de la nation, où ils voyaient la première condition du relèvement de la Prusse. Mais, tandis que les uns étaient plus préoccupés d'adoucir les rigueurs dont l'armée prussienne offrait le spectacle répugnant, les autres poursuivaient surtout un développement, un accroissement de la puissance militaire. La conception du service obligatoire généi'alisé les tentait, moins par rallégemenl des charges, que par ce qu'elle avait de plus conforme à la notion de l'État moderne, des obligations et des devoirs qu'il impose *. Il y avait une différence essentielle entre la Landwehr prussienne, telle qu'elle sortit de la crise du début de ce siècle, et ces milices que vantait le xviii® siècle, et dont l'image idéale s'offrait aux esprits de philanthropes comme Herzberg, ou môme de libéraux comme Hardenberg et Altenstein *.

Toutes ces idées étaient encore mal dégagées dans les premiers projets des réformateurs. Elles s'entre-choquaient et n'étaient point sans créer quelque confusion. Avant léna, au cours même de la crise, Sharnhorst avait proclamé la nécessité du service obligatoire universel; au printemps de 1807, il avait formé un plan de levée en masse et d'insurrection nationale. Son idée première, son idée dominante, était bien celle du service obligatoire généralisé ^ Mais lorsqu'après Tilsit il se trouva plus près de la réalisation de ses projets, il dut renoncer à leur donner cette forme. Le véritable obstacle était moins dans la charge qui en fût résultée pour la nation, ou dnns la surveillance jalouse du vainqueur, que dans le préjugé dominant dont nous avons indiqué l'origine trop justifiée et qui faisait de l'armée, pour le reste de la nation, un objet d'éloignement et de répulsion *.

Scharnhorst, après avoir beaucoup hésité, voulait, pour vaincre cette difficulté, séparer absolument l'armée permanente et la milice \

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