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LES IDÉES DE SGHARNHORST

Il divisait la population en deux classes' : l'une était destinée à recruter l'armée permanente ; l'autre, formée des hommes qui étaient en état de s'entretenir et de s'armer eux-mêmes, c'est-à-dire des classes aisées de la population, devait constituer la milice \ On pensait, par cette séparation, rendre le service militaire plus acceptable à ceux que l'on voulait y soumettre ^. La milice devait élire ses ofliciers, qui auraient même rang et mêmes privilèges que ceux de l'armée permanente. On l'exercerait pendant quatre semaines ou pendant huit semaines chaque année. Enfin l'on assurerait l'instruction militaire de tous les enfants dans l'école élémentaire*.

Celte conception n'avait rien de démocratique, et lorsqu'on rappelait à Scharnhorst que ce projet pouvait présenter quelque danger pour le principe monarchique, fjue l'armée permanente avait toujours été considérée comme une institution monarchique, et la milice comme une institution oligarchique, il répondait que les milices pouvaient, en effet, constituer un danger si les éléments en étaient puisés dans les classes inférieures, mais que tels n'étaient point sa pensée ni son projet ^.

Les conceptions de Scharnhorst n'en paraissaient pas moins aventureuses ^ Ce n'était pas seulement le roi qu'elles effrayaient ^ mais aussi des esprits comme ceux de Gentz, de Vincke, de Niebuhr. ^Gentz s'indignait de l'esprit outrageusement démocratique et purement révolutionnaire qui régnait dans les bureaux de Kônigsberg*. Vincke, cet administrateur consciencieux, qui avait été, en West-

pp. 296, 297, 298. — Haeusser, III, pp. 160, 16i.— Lehmann, Scharnhorst, U, p. 91. — Voir les idées de Slein. Pehtz, Stein, II, pp. 186, 187.

1. Cette séparation se fût fort rapprochée du remplacement que Treitsciike, I, pp. 294, 295, flétrit, en insistant sur la supériorité du système allemand.

2. Lehjiann, Scharnhoi-st, II, p. 92. — Cette partie du projet est combattue en décembre 1807 par Schôn dont les idées sont plus démocratiques. L£hmai<ii«, Knesebeck und Schôn, p. 152, der Volksmonn Schôn, dit-il. — Pertz, Gneisenau, I, p. 332.

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