Lehmann, Scharnhorst, II, p. 15S
4. Recelte : 386 000 Ihalers : dépense : 2 386 000 thalers. Lfhmann, Scharnhorst, II, p. 155. — Hassel, I, Geschichle der preussischen Politik, 1807-1815, p. 173.
provinces centrales, véritable pépinière de la noblesse militaire, représentait un effectif beaucoup plus considérable que celui dont on pouvait assurer remploi. Sur les 7 121 officiers de l'ancienne armée prussienne, on n'avait pu en conserver, en juillet 1808, que 1 638 en activité. Le reste était en demi-solde, touchant parfois le cinquième des anciens traitements. 11 avait fallu assurer aux officiers subalternes, dans un grand nombre de cas, une ration de pain. L'on avait vu d'anciens officiers, congédiés par la voie du sort, condamnés à fendre du bois, à exercer des métiers manuels. L'on avait dû réduire, parfois de moitié, le traitement des officiers restés au service, supprimer la viande de la nourriture de la troupe *.
L'on imagine facilement qu'une semblable situation était peu propice aux projets de réorganisation. L'on avait bien reconstitué sur le papier une armée de 50000 hommes, à six divisions *. Mais tant que le pays était occupé, cette réorganisation devait rester en suspens. L'armée était demeurée dans l'état où l'avait laissée la campagne de 1807 ; les débris de l'ancienne organisation, les corps nouveaux, rassemblés à la hâte, formaient trois groupes principaux ^ : — un corps de 30 000 hommes dans la Prusse orientale autour du roi, le même qui avait fait, sous la direction de Scharnhorst et de L'Estocq, la campagne de Pologne ; — un corps de 10 000 hommes en Poméranie, aux environs de Colberg, sous les ordres de Bliicher; — un autre corps en Silésie, de 10 000 hommes aussi environ, le noyau des formations qu'avait organisées Gôtzen. Il était impossible de réorganiser sérieusement ces corps tant que la Prusse demeurait dans l'état d'incertitude que Napoléon prolongeait à dessein. D'ailleurs, l'Empereur avait, nous nous en souvenons, imposé dans les négociations engagées avec la Prusse, une réduction de l'effectif.
De ces extrémités *, cependant, sortit l'une des mesures qui préparèrent la transformation des institutions militaires de la Prusse. Scharnhorst reprit, durant cette période si agitée de l'été de 1808, le
I.Lehmajin, Schamhoral, II, pp. \l>l>, ir.6. — Pkrti, Slcin. II, p. 01. — <■ H est certain «ju'il y a clia(|ue jour plusieurs suicides, qu'on u vu des oflicicrs mendier leur pain dan» les rues. » Arch. hisl. du Min. de: la guerre, Correspondance de la Grande Année, rapport de Clarke, 1" mai i807.