LES PROJETS DE REPRÉSENTATION NATIONALE
Ces théories monarchiques se conciliaient fort bien avec le projet d'instituer « une représentation nationale »; car rien n'était plus éloigné de la pensée de Stein, en particulier, que de donner à cette « représentation nationale » des pouvoirs qui pussent limiter ou restreindre ceux du souverain*. FI la concevait plutôt comme une extension des États provinciaux, dont il avait le type présent à l'esprit, comme un grand comité consultatif, dont on prendrait l'avis en matière de législation*. Ses idées, comme celles de Schôn sur ce point, ne sortirent pas, en 1808, du domaine des conceptions vagues, des projets d'avenir '. Stein voulait réserver une place prépondérante à la noblesse, donner une représentation distincte à l'ordre des paysans*. Mais il liait, en même temps, le droit électoral à la propriété '. Aucun de ces projets n'était précis ni mûri. Leur réalisation apparaissait, sans doute, comme le couronnement lointain d'une œuvre de longue haleine.
La réforme de l'organisation provinciale n'eut pas beaucoup plus d'envergure".
Les collèges administratifs, d'importance très diverse, suivant l'étendue fort variable des territoires soumis à leur compétence, que l'on appelait les Chambres provinciales, avaient été, au temps de Frédéric-Guillaume P', la première assise de l'administration monarchique '.
Leur trait tout à fait particulier, c'était la forme collégiale, qui aggravait, il est vrai, les vices du système bureaucratique, en atténuant les responsabilités, mais qui, en évitant les inconvénients
1. Voir le peu de netteté des idées de Stein à ce sujet. Pertz, II, p. 69. — TREiTScriKE, I, pp. 287, 288. — Haeusskh, III, pp. 146, 148.— A. SjKRy, AfjhawJlungen und Aktenstùcke zur Geschichle der preuszischen Reformzeil, pp. li>3, 134. — Aus den Papiercn Schôn's, 11, p. 68. — Lkiimann, Knesebeck und Srfii'jn, pp. 164, 167; ibid., Beilagen, pp. 29b à 304. — Treitsciike, Verfassungsgeschichte in Prenssen, p. 332.