Le 19 mars 1809. Ernst Meier, p
que l'organisation existante {die bishen'ge Inconsequetiz). Mais, d'autre part, il y a véritablement quelque chose de trop rigoureux à obliger le seigneur, détenteur actuel de tous les pouvoirs de police, à se laisser demain juger et punir par le Schulze, qui était hier un de ses sujets héréditaires. »
Toutes ces discussions n'aboutirent à aucun résultat \ Stein quitta le ministère, laissant l'organisation du cercle dans l'état où il l'avait trouvée, et la puissance publique démembrée aux mains des propriétaires nobles. Et, quoique le projet de Schrôtter ftit prêt à recevoir la sanction royale, les successeurs de Stein ne se chargèrent pas, comme en matière d'organisation provinciale, de donner la vie aux conceptions de leur prédécesseur.
Est-il juste de dire que le départ prématuré de Stein détermina l'échec de ces projets de réforme * et exerra, par là, l'influence la plus décisive sur l'avenir politique de la Prusse? Le projet de Schrôtter, alors même qu'il eût reçu la sanction royale, n'eût pas réalisé en Prusse une révolution politique. C'était une simple réorganisation administrative qui donnait, il est vrai, un peu plus de vie et d'étendue aux fonctions du Landratli, qui eût, sans doute, étendu les bases du corps électoral qui le désignait, mais qui laissait intact le démembrement de la puissance publique aux mains du grand propriétaire noble ^
Il en eût été autrement du projet de Schôn *. Mais Stein ne songeait point à l'adopter, et Schôn lui-même ne semblait pas parfaitement convaincu qu'il fût réalisable.
Ce ne fut pas sa chute, ce fut le défaut d'audace % qui ne permit pas à Stein de pousser la réforme administrative jusqu'au point où elle fût devenue une révolution poUtique.
1. HoiiMiAK, III, pp. 6, 33,|55. — Ki\Nsr Meibr, p. 151. — Schon, faisant allusion h l'acliviti- de Slein à la fin de son minislorc, écrit : der Aiigri/f aiif dir Patrimonialj iiridiction und das Uerren-Iiecht, die Idée der Repyibentation wurdc Irhrndi;/. Au» dcn Papieren Sciiôs's, II, p. 48. — Et encore p. T)'», il parait reprocher h Dohna, d'avoir, lui premier, renoncé h la suppression du Herreiirccht. — Voir «n IHll la défense du llervenvecht par Maiuvitz, II, p. 217. — Khnst Mkiku, pp. 3li9, 362, 3S2.
2. HonxHAK, III, I». C. — Hakcsskii, III, p. 148. — Krnst Mlikii, p. 3(51. — W. (;>Ki>.T, Die Denkschri/ïen des Freiherm vom Stein {Prcussische Jahrbûcher, XXXVIII, p. 210).