‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 495 sur 570 · Pertz, II, pp. 201-202. — Hakussek. III, p · texte numérisé non relu

Pertz, II, pp. 201-202. — Hakussek. III, p

nuation dans les clauses qui réglaient le payement de la contribution. Il semble, d'après la similitude des termes, que ce soit là précisément ce voile que Stein et Scharnhorst recommandaient de jeter sur les intentions réelles de la Prusse *. En y regardant de plus près toutefois, il semble que, même à ce moment, dès l'origine du mouvement qui entraînait les patriotes, le roi ait commencé à se séparer d'eux.

Il est délicat de scruter le secret d'une conscience aussi obscure que celle de Frédéric-Guillaume III, et qui n'avait sans doute point elle-même la conception nette des mobiles ou des arrière-pensées qui la dirigeaient, de reconstruire derrière les décisions, où la part de la personnalité est des plus minces, la psychologie d'une àme aussi molle. Toutefois, dans les instructions confidentielles jointes à la dépêche ostensible du 12 août, et adressées par le roi au prince Guillaume, se trouve une phrase qu'il est bien difficile d'attribuer à la plume de Scharnhorst ou de Stein, qui vise un tout autre but que l'affranchissement spontané de la Prusse, et qui révèle des illusions auxquelles les hommes du parti national avaient certainement renoncé depuis longtemps.

« La démarche à laquelle je me décide », écrivait le roi à son frère *, « a un triple but : d'abord d'amener une décision de notre sort, car si même l'Empereur refusait encore de s'expliquer et s'enveloppait dans le silence et dans des réponses vagues et dilatoires, nous n'en saurons pas moins à quoi nous en tenir. Dès ce moment, il ne reste qu'à renoncer à toute espérance d'un arrangement prochain et à en prendre son parti. En second lieu (et c'était là que Frédéric-Guillaume III révélait des préoccupations très distinctes de celles de Scharnhorst ou de Stein), j'ai voulu saisir le moment actuel, peut-être plus favorable qu'aucun des précédents, pour arriver, s'il se peut, à un arrangement et pouvoir du moins me rendre à moi-môme et envers la nation le témoignage de ne l'avoir pas négligé. » — Et plus loin, le roi ajoutait : « Il m'a paru essentiel de hâter la marche, parce qu'il se peut véritablement que l'état critique des affaires d'Espagne et les plans contre l'Autriche disposent l'Empereur à se rapprocher sérieusement de nous ».

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