Magdebourg fut réuni en
6. Ranke, l-II, pp. 158, 180, 293, 389. — Droysen, III, m, p. 547. — Voir le testament politique du Grand Électeur écrit en 1667. Ranke, I-Il, p. 508.
7. D'un tiers environ comme superficie et d'une moitié comme population. La Prusse, qui comptait, avant l'acquisition de la Silésie, 2186 milles carrés et 2 240 000 habitants, acquit avec la Silésie 672 milles carrés et 1 109 000 habitants. BoHNUAK, Geschichte des preussischen VerwaltungsTechts, II, p. 178.
siècle, les partages de la Pologne ajoutent au royaume de Prusse d'immenses étendues de territoire, dont une partie ne lui resta que quelques années, mais dont l'acquisition suffit à jeter dans son administration une perturbation profonde.
Comment donc ces territoires désagrégés, sans contact, sans cesse remaniés, que les circonstances physiques ne vouaient pas à un sort commun, qui ne contenaient que des fragments de la race allemande', que les liens d'une tradition historique commune ne rattachaient point les uns aux autres, comment ces territoires ont-ils Uni par former le moderne État prussien?
Ce fut seulement au début dw xv" siècle ^ qu'une autorité nouvelle tendit à apparaître sur les territoires occupés jadis par les anciens margraves, et sur lesquels la féodalité avait jeté, comme sur le reste de l'Europe, son voile uniforme, qu'elle avait réduits à l'état de dissolution, d'anarchie, de poussière politique ^ La prise de possession des Marches par les Hohenzollern fut, dans ce coin de l'Allemagne, la première tentative de réaction contre la féodalité. Mais celte réaction n'a point été là, comme en France, un travail de reconstitution spontanée pour lequel la royauté trouvait ses points d'appui exclusivement à l'intérieur. Sans doute les villes, la noblesse inférieure, vinrent en aide à Frédéric de Hohenzollern dans sa lutte contre les chefs de l'aristocratie locale, mais l'établissement, dans les marches de P)randebourg, de la nouvelle dynastie étrangère au pays, eut tout le caractère d'une conquête *.
Cette [)remière tentative, bien incomplète encore, fut d'ailleurs un effort isolé dans le temps. M en Prusse, ni en Allemagne, le pouvoir central n'avait acquis une solidité suffisante jiour résister aux grands courants de la Kéforme lors(pi'ils s'instituèrent \ L'effort tenté par Frédéric de Hohenzollern pour établir, dans les Marches,
i. I)HOYHK?(, V, III, p. 8, 38.