‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 514 sur 570 · TuEiTscuKE, I, pp. 326, 327. — Hassel, I, p · texte numérisé non relu

TuEiTscuKE, I, pp. 326, 327. — Hassel, I, p

On peut dire qu'en 1808 le contraire semblait infiniment plus vraisemblable. Les précédents, la conduite tenue par l'Empereur vis-à-vis des États qu'il avait successivement anéantis, et vis-à-vis de la Prusse elle-même, semblaient donner raison* aux patriotes, lorsqu'ils affirmaient qu'une politique d'inaction conduirait à une destruction certaine. La suite n'en démentit pas moins leurs prévisions, et leur erreur consista surtout à ne point tenir un compte suffisant de l'affaiblissement qui devait arrêter désormais les progrès de la puissance impériale. Par une contradiction évidente, ils cherchaient à en tirer un parti immédiat, et ils en méconnaissaient les conséquences lointaines*.

Quant à la solution qu'ils préconisaient, elle devait apparaître, si l'on se reporte au temps et au milieu, comme singulièrement aventureuse, et les arguments que la prudence pouvait leur opposer ne manquaient pas de force.

La Révolution avait triomphé de l'Europe coalisée ; Napoléon avait brisé ses adversaires; et, depuis, la puissance de la France n'avait cessé de croître et l'Europe de s'affaiblir de ses défaites successives. Comment songer à reprendre l'œuvre qui avait échoué si souvent depuis quinze années? Les gouvernements étaient-ils plus unis que par le passé? L'Autriche n'était-elle pas hésitante, aussi déliante à l'égard de la Prusse que Frédéric-Guillaume III l'était lui-môme pour la politique autrichienne'? La Russie n'était-elle pas liée étroitement à la politique impériale et pouvait-on même espérer qu'Alexandre ne prit pas parti pour la France contre l'Europe?

Les raisonnements de la prudence contemporaine et le jugement irrécusable de l'histoire semblent donc condamner également la politique du parti national.

Il est vrai que les patriotes prussiens ne comptaient point sur les gouvernements pour sauver la patrie, mais sur l'essor du sentiment national pour entraîner le gouvernement. L'abaissement moral que subissait l'Allemagne leur apj)araissait comme le pire de tous les maux. Ils se préoccupaient moins du résultat matériel que de la

1. Dièses sind nicht Raisonnements ûberspannter Menschen, dit Slein le 12 ocl. 1808. Pkrtz, II, p. 248. — Seki,by, Life ami Tintrs of Strin, II, p. Iîi9.

2. Voir le nu-nioinr <lii 11 noill 1S08, l'avenir qu'ils JiiKenl sinon certain, du moinH probable pour l'Kurope. Pkkt/., Il, p. 200. — Lkiimann, Scharnhorst, II, p. <M4.

Page 1