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LES PREMIÈRES RÉFORMES SUR LES DOMAINES ROYAUX

Les souverains s'efforcent encore de limiter, de déterminer tout au moins, les charges et les corvées des serfs royaux, et d'arrêter les mauvais traitements corporels dont ils sont victimes.

Telle est, en effet, l'organisation de la propriété, que l'exploitation du domaine royal, comme celle des domaines seigneuriaux, repose tout entière sur la gratuité des services et des corvées de l'armée de tenanciers qui y est rattachée*. Le fermier royal arrache sans scrupule le tenancier à son petit faire-valoir, pour employer son travail ou ses attelages à la culture du domaine royal. Les services des paysans sont indéterminés*; ils dépendent généralement de l'arbitraire du fermier, soumis au contrôle illusoire d'une administration complaisante. Le procédé est trop simple et trop avantageux pour que l'abus n'en soit pas constant.

A chaque instant, Frédéric-Guillaume I" revient sur les charges dont les paysans sont accablés. Il veut que l'on indique aux serfs royaux la portion de terre que chacun aura à cultiver — une tâche déterminée — et que, ce travail fait, on les laisse en repos'. II s'efforce de les mettre à l'abri de l'arbitraire; il veut que les fermiers du domaine cultivent leur ferme avec des hommes et des chevaux à eux, au lieu d'y employer, exclusivement et sans mesure, les bras et les attelages des petits tenanciers. Il tente encore d'arrêter le trafic trop fréquent auquel se livrent les agents royaux*, qui vendent, aux propriétaires nobles voisins, les corvées et les services de leurs serfs Mais l'insistance, la répétition même de ces efforts, témoignent de leur insuccès.

Frédéric -Guillaume l"'" essaye enlin , par une patente du 9 avril 1738 ", d'arrêter les mauvais traitements que subissent partout les paysans ®. Il interdit aux fermiers, aux agents royaux, l'usage du

ciers : Es sollen Bauern nicht tviltkilrlich vom Hofe abgeselz werden, sondera nur nach griindlicher Vntevsuchung rechlUcher Art unter Zuziehuny des Juslizamtes und unlev Konsens der Kammem. Stadelmann, XXV, p. 31. — Voir surtout Kmapp, 11, p. 109; I, pp. 20, 91.

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