Knapp, I, pp. 52, 58, 74. — Stadelmann, XXV, p
4. Voir encore en 1790 l'abus courant du droit d'éviction en Silésie. Stadel MANN, XXV, p. 22.
5. C'est le faire-valoir direct qui domine. Voir les statistiques de Krlg, Betrachtungen nebev dcn Nationalreichlhum des preussischen S/aates. — Knapp, I, p. 2.
G. KiiuG, Md. — Stadeljiann, Publ. ausden k. pr. Staatsatch., XXV, p. 23. — Dans la Marche Électorale, d'après Thakk, les tenures rurales occupent les quatre cinquièmes du territoire. Knapp, I, p. 75. — Voir encore, pour la slalislique des tenures rurales, Knapp, 11, pp. 104, 116. — Haeusse», Deutsche Geschichtv, III, pp. 120, 121.
d'être collective, la culture banale domine, éteint tout esprit d'initiative et réduit la population rurale, en lui retirant le libre emploi de son activité, au plus rigoureux des esclavages.
De propriété individuelle, sauf pour l'aristocratie foncière, il ne saurait être question. La précarité des tenures, du lien qui rattache le paysan à la terre, est extrême. Vers la fin du xviii* siècle, si le seigneur ne « dépeuple » plus pour accroître son domaine propre, il déplace ou il expulse fréquemment le petit cultivateur qui n'est point assuré de rester même jusqu'à la lin de sa vie, sur le coin de terre où on le laisse vivre. Même sur le domaine royal, où l'intervention du souverain a amené quelques atténuations, c'est à peine si l'hérédité, une hérédité dont l'ordre est déterminée par le domaine, est assurée. Rappelons un trait qui met bien en lumière l'instabilité du petit tenancier prussien et qui rend sensible toute la différence de l'état social en France et en Prusse à la môme époque. Lorsque Voltaire, et, après lui, Ghristin, font campagne pour les serfs du Mont-Jura, qu'entendent-ils par la suppression de la mainmorte? Si la mainmorte est supprimée, le serf acquerra la propriété intégrale de la terre; il s'agit seulement de supprimer des restrictions au droit de disposer de la terre, de briser les dernières barrières qui séparent de la propriété un nombre relativement peu considérable de mainmortables. En Poméranie, lorsque Frédéric 11 décide, dans un accès de révolte humanitaire que le servage sera aboli, de suite, sans discussion, envers et contre tous, qu'arrivera- l-il si la décision est exécutée? Si le paysan est affranchi du servage, aucun lien ne le ratlaclie plus à la terre; elle est la source de toutes ses misères; il s'enfuira'. En France, le paysan, même serf, tient déjà la terre; en Poméranie, c'est la terre (|ui tient encore le serf. L'évolution de la population rurale asservie vers la propriété est presque complète en France; en Prusse, elle est à peine commencée.
A la précarité des droits sur la terre, le servage, la sujétion héréditaire, ajoute ses rigueurs. Si le paysan est serf, il ne peut quitter la lern;. Là même où il n'est point serf, il s'a|)pelle le sujcîl du seigneur. Un rapport administratif de 1810 le définit : « un serviteur
1. Mai HKii, (icschichtr der Franhiife, etc., KrlaiiKeii, 186:i, IV, p. 184.— Knait, 1, p. V4; II, p. lUO. — \a' fuit i;>tt conlIriiH- par une expcrit'iin; leiilct' dans la Nouvelle Marciit', i\ In miitc iloa ruclaniation.s de la noblesse ponieraiiicnnc. lluuNiiAh, II, p. 226. — l'iiiufinko.i, I, p. 4(il.