DUMONT CONTRE LES DROITS DE L'HOMME
d'une seule interprétation, ils peuvent vite découvrir où réside leur désaccord, ce qui est le grand moyen de trancher toutes les controverses. » Si donc c'est par l'intérêt général qu'on découvre les droits de l'homme, et non pas l'intérêt général par les droits de l'homme, la méthode des rédacteurs de la Déclaration est vicieuse : il fallait s'adresser directement au grand principe de Yvtilité générale, sans intermédiaire, raisonner dans un langage qui fût intelligible à l'humanité tout entière, et a annihiler avec joie quelques milliers de volumes de métaphysique, de jurisprudence, et de morale ». Il fallait placer, en tête de la constitution, non pas une déclaration des droits de l'homme, mais « un petit nombre de maximes sociales, fondées sur l'utilité générale, et montrant avec précision quel est l'objet de la société, et quels sont les devoirs du Gouvernement ». Jamais ces maximes n'auraient prétendu à l'honneur de former le credo d'une religion politique 97 .
N'est-ce pas ce même Dumont de Genève, cependant, qui, si nous en croyons son propre témoignage 98 , aurait été un des rédacteurs de notre Déclaration des Droits de l'Homme ? Un comité de cinq membres avait été désigné pour la rédiger. Mirabeau, un des cinq, se chargea du travail, puis conGa lui-même à ses secrétaires , Duroverai , Clavière et Dumont , le soin de rédiger le document. Dumont aurait senti dès le début « le faux et le ridicule de ce travail », de cette « fiction puérile ». Il aurait si éloquemment pris parti contre la Déclaration projetée, qu'il aurait entraîné l'opinion