INFLUENCE DE JAMES MILL
tham, à partir du moment où il fait la connaissance de James Mill, porter son attention sur les questions politiques, et tout particulièrement sur la question de la liberté de la presse. Le Times du 20 février 1809 a signalé des abus dans l'application des lois sur la presse; et Bentham pose en principe, dans une étude qu'il consacre à la question, que le Hbel law est « incompatible avec les libertés anglaises », et n'a besoin que d'être exécuté d'une manière cohérente et complète pour réduire le gouvernement au despotisme ; qu'il appartient au Parlement seul , par une définition en forme du libel, d'apporter au mal un remède « radical »; mais que les jurys peuvent, en attendant, servir de palliatits à la loi, pourvu qu'ils remplissent leur fonction et ne soient pas des «jurys spéciaux », « composés » (packeil), pour se conformer aux désirs du gouvernement, au lieu de les contrôler. C'est à la critique de cette institution faussée que Bentham s'attache : d'où le titre qu'il donne à son livre : The Eléments of tlie Art of Packing-^; et James Mill presse Bentham d'achever, puis de publier, un ouvrage qui a été commencé peutêtre à son instigation. « Quantaux FAements, lui écrit-il, dans la première de ses lettres à Bentham (jue nous ayons conservée, de l'apparition desquels je semble être beaucoup })lus impatient que vous n'êtes... j'ai dit à Baldwin que cela doit être, à tout prix, publié dans six semaines -' » . James Mill se charge de la réclame dans la « Revue d'Edimbourg » . Il écrit encore le ^7 septembre : « J'offre mes dévoirons au ciel tous les matins pour la
prospérité de Libel Law ». Il vient d'assister, aux Communes, à un débat sur la liberté de la presse; et la faiblesse, la timidité de tous, même de sir Francis Burdelt, l'a révolté. « Ils semblaient craindre de commettre quelque bourde en ce qui concerne les mesures légales nécessaires, et, en conséquence, avalaient leurs mots. Oh 1 s'ils savaient seulement ce que la loi est, et doit être, aussi bien que vous pouvez le leur dire, sur ce point particulièrement intéressant, nous verrions, j'en suis sûr, le courage égal de l'autre côté à ce qu'il est du côté des juristes » -^ Mais Bentham a pour autre ami intime Romilly, qui est un juriste, et qui, pour des raisons de prudence, adjure, « sincèrement et anxieusement », Bentham de ne pas publier les Eléments of Packinrf^^. En conséquence, l'ouvrage imprimé n'est pas mis en vente. Pourtant des exemplaires, en nombre restreint, sont distribués à Mill, à Brougham, à Whishaw, à Burdett, tous démocrates. Vers la même époque, Bentham est' en relations avec la famille de lord Cochrane, le collègue de sir Francis Burdett pour la représentation de Westminster -^ Romilly lui-même prend une part acti\'e, en 1810, à la défense de Burdett, enfermé à la Tour pour délit de presse; et en 1811, en 1812, nous trouvons Bentham en relations directes d'amitié avec sir Francis Burdett -■'.
Or, l'homme politique dont Bentham se trouve rapproché est le disciple de Horne Tooke-", c'est-à-dire du patriarche du parti populaire, du surWvant des sociétés révolutionnaires de 177G : sir Francis Burdett se rat-