‹ La formation du radicalisme philosophique (volume 4)Chapitre 82 sur 177 · ROBERT OWEN. WILLIAM ALLEN · texte numérisé non relu

ROBERT OWEN. WILLIAM ALLEN

lui a, dès l'enfance, imposé, et qui, sans cesse, essaie de réagir.

Mais James Mill, disciple de Bentham, et qui s'érige, pour ainsi dire, en premier ministre de son maître, ne borne pas ses efïorts à cette expérience isolée de pédagogie individuelle. Bentham et lui (et Bentham par son intermédiaire) entrent en rapports, aux environs de 1810, avec les philanthropes, religieux ou irreligieux, qu'obsède, vers cette époque, l'idée de réformer l'humanité par la pédagogie. Ils sont nombreux : Bentham, et surtout James Mill, qui met en œuvre les idées de Bentham, ne se distinguent des autres que par une conscience plus éclairée des principes sur lesquels ils se fondent, jointe à plus de bon sens et de ténacité dans l'action.

La tradition d'Helvétius se perpétue, à côté de Bentham, avec Robert Owen, à qui elle a été transmise par William Godwin. Owen nie les idées de liberté, de responsabilité, de mérite et de peine, et veut réformer l'humanité, faire le caractère humain, en plaçant les individus, dès leur naissance, dans certaines conditions sociales qu'il réalise lui-même artificiellement dans son usine modèle de New-Lanark. En 1813, Bentham devient actionnaire de ce fameux établissement, que dirigent alors Robert Owen et William Allen". Romilly l'exhorte à la prudence, l'avertit qu'Owen est un fou'-. Non, répond Beniham, Owen n'est pas fou simpliciler, il est seulement hu. secundum quid : et Beniham lui-même ne s'est-il pas vu traiter de fou, aux temps duPanopticon? Bentham, si souvent malheureux dans ses avances de

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fonds, avait cependant raison, cette fois, contre le trop circonspect Romilly : il retire des profits de ce placement philanthropique. C'est probablement James Mill, ami de William Allen, qui fut l'intermédiaire entre Bentham et Owen : car nous trouvons, la même année, James Mill et Francis Place occupés à reviser le fameux ouvrage de Robert Owen, les « Essais sur la formation du caractère'^ ».

William Allen était un quaker, et, depuis 1811, James Mill collaborait à son journal the Philanihropist. En 1809, il avait été amené par lui à s'intéresser aux entreprises scolaires d'un autre quaker, Joseph Lancaster'^. Copiant les méthodes appliquées par le D'' Bell à Madras, il avait fondé une école à Londres, et rêvait de couvrir l'Angleterre d'établissements dans chacun desquels mille enfants recevraient, par escouades de dix, l'enseignement de cent moniteurs, au coût de cinq shillings par an et par tête. Simple fou, n'ayant ni l'austérité de mœurs ni la prudence financière généralement caractéristiques du quaker, il n'avait échappé deux fois à la faillite que grâce aux secours reçus de riches quakers, de ministres dissidents, de philanthropes indépendants. En 18<t9, quand s'organise la Moyal Lancasterian Institution, patronnée par le roi, la reine et le prince de Galles, pour diriger l'entreprise, William Allen est un des trustées, James Mill est membre du finmicial committee. C'est dans cette Société qu'il fait, en 1812, la connaissance de Francis Place, collaborateur de Lancaster depuis 1840.

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Lancaster a recommencé ses extravagances. En J813, à bout d'efforts pour réconcilier Lancaster et la Société, on décide de retenir le Lancaster System et de se débarrasser de Lancaster, à qui l'on confie un titre honorifique. Tandis que l'Association est réorganisée sous le nom de British and Foreign School Society, James Mill , Place, AVakefield , Brougham, tracent le plan d'un sj^stème intégral d'enseignement primaire et secondaire pour la ville de Londres : l'école que Lancaster avait dirigée, à Londres, dans Borough Road, transformée en école normale, et Londres divisé en districts, que gouverneront des commissions scolaires indépendantes. Pour commencer, on organise la West London Lancasterian Association avec la devise Schools for All^'\ qui est le titre de la brochure publiée en 1812 par James Mill, pour servir de manifeste au groupe.

Ce qu'il y a de nouveau dans l'idée de Mill et de ses associés, c'est l'extension du S3'stème lancasterien à l'enseignement secondaire. L'idée vient de Place, qui appartient à la classe des artisans devenus patrons, et souffre personnellement de l'absence d'établissements d'instruction où il puisse donner à ses neuf enfants l'éducation convenable, non pas une simple éducation classique, mais des notions un peu étendues de mathématiques, de langues vivantes, de politique et de morale. C'est la classe moyenne qui « contient, sans comparaison, la plus forte proportion de l'intelligence, de l'industrie et de la richesse nationales ; là se rencontrent

les têtes qui inventent et les mains qui exécutent, l'esprit d'entreprise qui conçoit les projets et le capital qui les met en œuvre. En ce pays du moins, c'est cette classe qui donne à la nation son caractère. Une bonne éducation de cette portion du peuple est donc de la plus grande importance pour le bien-être de l'État"'. » Wakefield adhère, puis James Mill. « iMill, écrit Wakelield à Place, est toujours au travail, mais ne se montre jamais''' «.James Mill soumet l'idée à Bentham, qui la fait sienne. Il offre son jardin pour l'érection de l'école. Deux magnifiques cotonniers s'y élèvent: on les abattra. Une plaque, sur le mur du jardin, rappelle que la maison a jadis appartenu à Milton : on supprimera le mur et la plaque ^^ Bentham s'attache surtout à tracer le plan, architectural, administratif, pédagogique de l'institution ; le résultat de son travail, c'est l'ouvrage intitulé Chrestomathia, « recueil de documents pour expliquer le plan d'une institution que l'on se propose d'ériger sous le nom d'externat chrestomathique, pour l'extension du nouveau système d'instruction aux plus hautes branches du savoir, à l'usage des classes moyennes et supérieures^". » L'ouvrage se compose essentiellement de deux tables des matières : la première contenant le détail et Tordre raisonné des matières enseignées; la seconde, les principes du nouveau système pédagogique que l'on préconise. Programme et méthode sont justiiiés, au ])oint de vue du principe de l'utilité, par une comparaison des avantages recueillis et des inconvénients encourus, des profits et

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des pertes. C'est renseignement qui coûte le moins : six livres par an, évalue Bentham, quarante-deux livres pour sept ans. C'est l'enseignement qui rapporte le plus à l'élève, en raison de la disposition des matières enseignées, dans un ordre décroissant d'utilité, de sorte qu'aucun élève, «piittant l'établissement à un âge quelconque, ne perde le bénéfice des années de classe déjà faites. Pour la première fois est tracé le programme d'un enseignement utilitaire, d'une chrestomathie : suppression de l'enseignement classique-", l'enseignement scientifique justifié par son utilité-'. — Autre manière de comparer les profits et les pertes, si Ton compare, d'un côté, la quantité d'instruction, portée à son maximum; d'un autre côté, la quantité de peine emplojTC pour produire cet effet, portée à son minimum, par l'application des méthodes que Bell a imaginées pour rendre le travail attrayant". Le programme se termine par une série d'appendices. Le premier, rédigé par Mill et Place, porte pour titre : « Proposition chrestomathique; proposition d'ériger par souscription et de conduire, sous le nom d'école chrestomathique, un externat pour l'extension du nouveau système aux plus hautes branches d'instruction; devant contenir six cents garçons et quatre cents filles, et estimé à cinq mille livres. » Les suivants contiennent des documents relatifs à des expériences pédagogiques similaires, antérieurement entreprises. Reste un quatrième appendice, énorme par ses proportions, et dont le caractère est purement théorique. L'école chrestomathique a rappelé

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l'attention de Benlham sur un de ses premiers manuscrits. En 17G9, lorsqu'il découvrait le principe du plus grand bonheur, il y avait vu le fondement de ce qui lui semblait être le seul arrangement encyclopédique correct et instructif — une carte ou un plan du champ de la pensée et de l'action ; et il nous raconte qu'il éprouva la sensation d'Archimède , découvrant son fameux principe, quand il jeta sur une feuille de papier sa première ébauche, grossière et imparfaite^-^. Après quarante ans écoulés, ou peu s'en faut, il reprend cette ébauche. Il s'agit d'une refonte de la classification des sciences de d'Alembert, qui est maintenant reprise au point de vue du principe de l'utilité : les sciences classées les unes par rapport aux autres en raison non pas du caractère intrinsèque de leurs objets ou de leurs méthodes, mais en raison de leur utilité plus ou moins grande. Or, tel est aussi l'ordre dans lequel les matières doivent être enseignées à l'école chrestomathique. Bontham avait depuis longtemps abandonné l'étude des principes pour passer ;i l'examen des applications pratiques ; Texamen du problème pédagogique le ramène à l'étude des principes^^. Il en est de même, à la même époque, de James Mill ; et cette direction nouvelle, donnée par James Mill à son activité intellectuelle, aura les conséquences les plus importantes sur la formation du radicalisme philosophique.

James Mill rédige, eflectivement, en 1818, pour le supplément de l'Encyclopédie Britannique, l'article « Éducation ». Il prend le mot au sens large que lui donnait

l'essai de JAMES MILL. 259

Helvétius. « Tout ce qui, depuis le premier germe de l'existence jusqu'à l'extinction finale de la vie, opère de manière à affecter les qualités de l'esprit dont le bonheur dépend à quelque degré, relève de notre enquête-''. » Il y a donc une éducation physique — encore peu développée, mais dont on trouvera les éléments chez Erasme Darwin et Cabanis — et une éducation morale, qui comprend l'éducation domestique, l'éducation technique ou scolastique (la seule dont l'idée soit généralement éveillée par le mot d'éducation); enfin l'éducation sociale, dans laquelle James Mill distingue, à un autre endroit de son article, l'éducation sociale proprement dite et l'éducation politique. La fin de l'éducation, c'est le bonheur d'abord de l'individu dont on fait l'éducation, ensuite de ses semblables ; elle est définie par James Mill « le meilleur emploi de tous les moyens que peut employer l'homme pour faire de l'esprit humain, au plus haut degré possible, une cause du bonheur humain », D'ailleurs, la pratique ne se sépare pas de la théorie : car la théorie n'est que « Vensemble du savoir que nous possédons à un sujet quelconque, mais dans l'ordre et sous la forme où il est le plus facile d'en tirer de bonnes règles pratiques^"». Or, la solution du problème pratique de l'éducation suppose la solution préalable de deux grands problèmes théoriques. D'abord, en vue de savoir de quelle manière les choses agissent sur l'esprit, il est nécessaire de savoir comment l'esprit est construit. Le moindre mal qui puisse arriver à celui qui essaie d'agir sur l'esprit, par des voies (jui ne soient

pas adaptées à sa nature, c'est de perdre ses peines. En second lieu, puisque le bonheur est la fin, et que les moyens doivent être exactement adaptés à la fin, il faut savoir quelles sont les qualités de l'esprit qui conduisent principalement au bonheur, tant de l'agent luimême que de ses semblables. La solution du second problème constitue une théorie de la vertu que James Mill ébauche en s'inspirant de la théorie grecque des quatre vertus. La solution du premier problème constitue une théorie de la vie mentale : et James Mill se trouve amené de la sorte, dans un essai pédagogique, à donner un résumé, sous forme historique, de la théorie de l'association des idées. Car les lois de succession des phénomènes mentaux sont les « lois de la nature humaine» sur lesquelles est fondée la science de l'éducation. « Puisque le bonheur, qui est la fin de l'éducation , dépend des actions des individus, et puisque toutes les actions de Thomme sont produites par ses sentiments ou ses pensées, l'affaire de l'éducation est d'amener la production de cerlains sentiments et de certaines pensées, au lieu d'autres. L'aflaire de l'éducation est donc d'agir sur les successions mentales -" ». L'article de 1818 est une première ébauche du grand ouvrage de Mill, paru onze ans plus tard, qui fixera la doctrine psychologique du radiealisine philosophique, r « Analyse des phénomènes de l'esprit humain ».

Mais, à l'instant même où Bentham et ses amis essaient de superposer, à un enseignement primaire réformé, un enseignement secondaire conçu sur le même

RÉSISTANCES CLÉRICALES. 2tî 1

plan, de graves difficultés menacent l'exécution de la première partie du programme elle-même. Car le problème pédagogique se complique d'un problème religieux. En opposition à 1' « Institution Royale Lancasterienne pour l'éducalion des pauvres », dirigée par des dissidents, des libéraux, des libres-penseurs, se fonde en 181 1 la u Société Nationale pour promouvoir l'éducation des pauvres selon les principes de l'Eglise établie ». Au nom de Lancaster, qui applique les principes de Bell, on oppose le nom de Bell lui-même, membre de l'église anglicane. Une vive polémique s'élève, entre VEdinburgh Review et le Quarterhj Bevieiv. James Mill est le polémiste attitré de l'Institution Lancasterienne ; il écrit, en 1811 , la brochure anonyme : Schools for ail, in préférence to schools for Churchmen only, et intervient, en février 1813, dans la « Revue d'Edimbourg » ]^ar un long article consacré à la question. La Chrestoraalhie de Bentham, en 1814, l'article « Éducation », de James Mill, en 1818, ne sont que la suite de cette polémique.

James Mill, dans l'essai de la u Revue d'Edimbourg », rappelle, en Ecossais fier de son origine, que l'idée de l'éducation populaire est une idée écossaise-'*. Sur la question de savoir s'il faut l'aire de l'instruction du peuple un service public, il admet-' qu'il est conforme aux leçons de l'expérience et aux principes d'Adam Smith d'être aussi ménager que possible des interventions gouvernementales. Pourtant, lorsqu'il arrive par malheur que le peuple soit extrêmement ignorant et

trop pauvre pour payer son instruction, il est nécessai re que l'État intervienne pour donner le branle à l'entreprise. Pour éviter que l'Etat abuse des pouvoirs qui lui sont confiés et établisse une sorte de despotisme intellectuel, une garantie suffit: la liberté de la presse. « Donnez, sur n'importe quel point du globe, un peuple qui sache lire et une presse qui soit libre, — et les préjugés sur lesquels se fondent les mauvais gouvernements disparaîtront graduellement et silencieusement». Et il se déclare disposé, quoique avec quelques hésitations, à désirer que l'État vienne en aide à cette grande œuvre, du moins en ce qui concerne l'érection des maisons d'école, et la fixation des faibles traitements suffisants, et strictement suffisants, pour assurer 4 la résidence d'un maître, choisi par les chefs de famille du district et principalement payé par les élèves. Une chose, en tout cas, est certaine et se démontre par « l'analyse des idées » : c'est que l'universalisation de l'instruction est bonne en soi. Si l'éducation consiste à communiquer l'art du bonheur, et si l'intelligence se compose de deux parties, la connaissance de l'ordre des évé nements de la nature d'où dépendent nos plaisirs et nos peines, et la sagacité qui découvre les meilleurs moyens d'atteindre les fins, la question de savoir si le peuple doit recevoir une éducation se ramène à la question de savoir s'il doit être heureux ou misérable^". On objecte que, poui' produire les aliments et autres objets de première nécessité, il faut qu'une grande partie du genre humain soit condamnée au travail, et par suite,

l'irréligion des benthamites. 263

faute de loisirs, à rignorance. Mais «c'est une chose aujourd'hui presque universellement reconnue, qu'il est désirable à tous égards que la grande masse du peuple ne soit pas misérablement pauvre ; que, lorsque le peuple "est misérablement pauvre, toutes les classes sont vicieuses, toutes haïssables, toutes malheureuses. Si les hommes sont relevés au-dessus de la misère, au point d'être capables de vertu, quoiqu'il leur soit encore nécessaire de gagner leur pain à la sueur de leur front, ils ne sont pas liés à un travail assez incessant pour n'avoir pas le temps d'acquérir quelque savoir, et d'exercer leur intelligence ». C'est encore l'inspiration de Malthus : Mill semble pourtant compter sur la diminution de la misère pour augmenter l'aptitude à l'instruction, alors que Malthus comptait sur le progrès de l'instruction pour diminuer la misère. — Mais, pour que l'enseignement soit universel, il faut qu'il soit neutre. Ainsi le conçoivent les écoles lancasteriennes. Or, voici qu'un groupe d'individus veut supplanter ces écoles, parce qu'elles s'ouvrent à tous, sans distinguer entre les confessions, sans donner d'enseignement confessionnel. L'Eglise, après avoir si souvent reproché aux sectes leur intolérance, devient sectaire à son tour. James Mill fournit aux partisans des écoles lancasteriennes leurs arguments classiques. Le système anglican est financièrement dispendieux : «exclusif», «restrictif», il impose J'érectiou de deux écoles où une école suffirait. Dire que l'Église est en danger si tous les enfants des classes laborieuses sont élevés dans des

établissements ouverts à Ions, c'est avouer imprudemment qu'elle est perdue dès qu'elle se trouve sur un pied d'égalité avec les autres confessions. La doctrine de l'alliance de l'Eglise et de l'État est condamnée par l'opinion, avec la notion (ju'elle implique d'un clergé, d'une corporation de prêtres, à qui des pouvoirs politiques sont confiés ^'.

C'est au cours de cette polémique que s'accuse le caractère anticlérical et irréligieux de l'école de Bentham. — Bentham, libre- penseur au xviii'' siècle chez lord Lansdowne, dans un milieu dont l'incrédulité scandalisait Priestle}^ se retrouve libre penseur, en alliance cette fois non plus avec une aristocratie dédaigneuse des superstitions plébéiennes, mais avec le parti populaire. James Mill, avant d'avoir connu Bentham, était-il déjà irréligieux, au sens où il allait le devenir? Quoiqu'il eût volontairement renoncé à la carrière ecclésiastique, la chose est douteuse, en dépit d'une assertion de Stuart Mill. Une tradition de famille, recueillie par Bain, veut que ses vues irréligieuses n'aient pris une forme arrêtée qu'en 4808 et 1800: Mill aurait été converti à l'irréligion, non par Bentham, mais par Miranda, ancien général de la Révolution française, et gêné ralrévolutionnaire dans l'Amérique du Sud^^ La querelle des Ecoles pour tous brouille décidément Bentham, James Mill, et tout le groupe, avec l'Église.

En 1 8 1 8, Bentham publie son Church of Englandism , and Us Catechism examined'^^, dans lequel il trace le programme d'un christianisme moral simplifié à l'extrême; et c'est

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