PROPAGANDE ANTIRELIGIEUSE
la servilité du faible envers le tout-puissant, de l'esclave envers le tyran. Dans l'argot du groupe, « calotin» se dit « juggical », du charde Juggernaut, sous les roues duquel les fidèles de Dieu se font écraser, dans les Indes*\ Nombreux sont, d'ailleurs, autour de }3entham, les publicistesqui scandalisent, à cette époque, l'opinion par la prédication de l'athéisme. C'est le moment précis où, à la propagande déiste qui répandait le livre de Thomas Paine, sur 1' « Age de la Raison », succède la propagande proprement athée. Bentham fait, probablement par Wooler, directeur du Black Dwarf, et éditeur du « Catéchisme de la Réforme parlementaire », la connaissance de Richard Carlile, dont le premier exploit a été le colportage clandestin du Black Dwarf, après Vllabean Corpus Act de 1819. Bentham a également collaboré au Reformer'' s Beghier de Hone, et c'est Hone qui, en 1817, inaugure la publication de ses ouvrages blasphématoires et antichrétiens avec sa « Litanie Politique », illustrée par Cruikshank, où il parodie la litanie, le credo de saint Alhanase et le catéchisme anglican, et qu'imprime Carlile. En 1818, Richard Carlile publie les œuvres théologiques de Paine ; alors commence cet internement de sept années dans la prison de Dorchester, où vont successivement le rejoindre, en 1821, sa femme, puis sa fille, et d'où il réussit cependant, grâce à des collaborations diverses, à poursuivre sans arrêt la publication de son périodique, le « Républicain «.L'emprisonnement de Carlile soulève une fois de plus la question de la liberté d'opinion: Carlile, entré déiste dans sa
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prison, en sort athée. Les persécutions créent « un "^-■
fanatisme de l'incrédulité ». Les amis de Bentliain I
prennent la défense de Carlile : Ricardo par un discours au Parlement, Stuart Mill par cinq lettres adressées au Morninrj Chronide, puis par un article de la «Revue de Westminster»^". — C'est par leur anticléricalisme forcené que les disciples de Bentham se | rendent le plus impopulaires. Romilly, toujours prudent, mais à la direction de ([ui Bentham a décidément échappé depuis qu'il connaît James Mi il. fait tous ses eftbrls pour empêcher Bentham de publier son Church of Englandism. C'est sous des pseudonymes que paraissent la « Religion Naturelle » et le Not Paul bul Jésus. On ne trouvera pas trace, dans l'édition complète des œuvres de Bentham publiées par Bowring, du Church of Englandism ni du Xot Paul but Jésus : et Mrs. Ci rote dissimule soigneusement, dans la biographie qu'elle consacre à son mari — on est toujours trahi par les siens — la part prise parGrote à la publication | de la « Religion Naturelle « : le fait n'a été révélé qu'à une date assez récente, dans une notice biographique, par Alexandre Bain.
Mais ce n'est pas seulement, à l'extérieur, la résistance de l'Église anglicane qui menace la prospérité de (le la Briiish and Foreign Society ; elle est travaillée, à l'intérieur, par des dissensions religieuses. Chez les promoteurs de l'éducation populaire entre 1810 et 1820, on rencontre à la ibis des dissidents à tendances piétistes, et des libéraux politiques à tendances laïques.