‹ La formation du radicalisme philosophiqueChapitre 20 sur 239 · PROFITS ET VALEUR · texte numérisé non relu

PROFITS ET VALEUR

son capital le profit accueilli au bout de la première année, et réclame maintenant des profits proportionnellement égaux à ceux du fermier, sur un capital plus grand que celui du fermier. Bref, le travail de cent hommes employés pendant deux ans produit plus de valeur que le travail de deux cents hommes employés pendant un an. Donc, la durée du cycle de la production est une cause nouvelle de l'accroissement de la valeur en sus de la quantité de travail dépensée. Donc, plus le progrès naturel de Tingéniosité humaine multiplie les machines et prolonge le cycle de la production, plus aussi les produits industriels renchérissent par rapport aux produits agricoles, à la préparation desquels coopère une proportion moindre de capital fixe. De l'opération de cette loi d'évolution, ne résulte-t-il pas que les producteurs industriels sont constamment avantagés par rapport aux producteurs agricoles et aux producteurs du sol ?

Mais ce n'est pas du tout en ce sens que Ricardo va conclure. A peine après avoir posé le principe que nous venons d'énoncer, il pose un problème nouveau, et se demande comment la valeur relative de deux marchandises produites avec des quantités difTérentes de capital fixe est afTectée par une hausse de la valeur du travail. On sait qu^ la hausse, nécessaire et constante, de la valeur du blé, produit une hausse correspondante des salaires, et un mouvement inverse de baisse des profits. Reprenons donc notre exemple du fermier et du fabricant de draps, et supposons que le mouve-

ment normal de la baisse des profits se fasse sentir an cours de la seconde année considérée. La baisse des profits n'exercera aucune influence sur le prix du blé que le fermier, au bout de Tannée, apportera sur le marché, car elle est exactement égale à la hausse simultanée des salaires. Elle provoquera, en revanche, une baisse de la valeur du drap, par rapport à la valeur du blé : car le marchand drapier paie, par hypothèse, les mêmes salaires que le fermier, mais la baisse de ses profits porte sur un capital plus grand que celui du fermier. Donc « toutes les marchandises qui sont produites avec des machines de grande valeur ou dans des bâtiments de grande valeur, ou qui demandent un grand laps de temps pour pouvoir être apportées sur le marché, tombent en valeur relative, tandis que toutes celles qui sont produites principalement par du travail, ou qui sont apportées en peu de temps sur le marché, haussent en valeur relative » •^. Ainsi Ricardo a commencé par écrire : plus grande est la quantité de capital fixe, plus grande est la hausse. II finit par écrire : plus grande est la quantité de capital fixe, plus grande est la baisse. Il est facile d'observer, cependant, que ce mouvement de baisse ne fait que compenser partiellement le mouvement inverse de hausse, préalablement défini et expliqué. Mais toute l'attention de Ricardo se porte sur la seconde proposition, parce qu'elle se relie étroitement à sa philosophie de l'évolution économique, fondée sur la théorie de la fertilité décroissante du sol, parce qu'elle implique

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