JAMES MILL ET MACGCLLOCH
La c Revue d'Edimbourg 9 publie, au printemps de 1818, un article enthousiaste sur les c Principes »*. Ricardo [sait que James Mill n'en est pas Fauteur ; il conclut, sans hésiter, que Tauteur de Tarticle est le journaliste écossais MacGulIoch. Car il ne connaît que deux économistes qui puissent être aussi pleinement d'accord avec lui : c Je ne puis me vanter, écrit-il, d'avoir fait beaucoup de conversions, mais, quand je considère que je puis tenir pour convertis vousmême et Mr. Mill, je ne suis pas disposé à déprécier mon triomphe^ ». A MacCuUoch, Ricardo reconnaît bien des qualités qui lui manquent : une langue claire, la faculté de composer, c Ceux qui ne m'entendent pas, lui écrit-il, vous comprennent clairement », et il lui conseille de rédiger c un système complet d'éco- .nomie politique, écrit sous une forme assez populaire
pour être accessible au grand public » ^. En allendant d^exaucer le vœu de son maître, MacCuUoch propage ses doctrines dans le Scotsmauj dans la c Revue d'Edimbourg », dans le cours d'économie politique qu'il fonde à Edimbourg*, dans le c Supplément de l'Encyclopédie Britannique », où il publie, sur 1' c économie politique », un article conforme à la nouvelle orthodoxie^. Cependant, James Mil) oi^anise à Londres le < Club d'Économie Politique », où, à partir de 1821, Ricardo et Malthus, James Mill et Torrens, d'autres encore, vont essayer de se mettre d'accord sur les propositions fondamentales de leur science*; et, en 1821, dans ses c Éléments d'Économie Politique », il résume les leçons, conformes aux théories de Ricardo, qu'il vient de donner à son fils Stuart Mill ^. James Mill et MacCuUoch sont deux disciples intransigeants qui apportent, à leur propagande économique, le zèle du religionnaire écossais. Mais il arrive que leur intransigeance les emporte au delà de la doctrine du maître. Ricardo admettait qu'il y eût des limitations, des exceptions, à ses principes : James Mill et MacCuUoch, négligeant systématiquement toutes ces restrictions, seront plus Ricard iens, pour ainsi dire, que Ricardo lui-même. Considérons tour à tour les deux parties de la doctrine de Ricardo : les lois statiques et les lois dynamiques, la théorie de la valeur dans l'échange et la théorie de la distribution naturelle des richesses, afin de voir comment elles se transforment, lorsqu'elles passent du maître aux