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LA DISTRIBUTION DES RICHESSES

cipe optimiste, à la fois moral et esthétique, de la simplicité des lois de la nature. Que toute valeur égale rémunère, dans rechange des produits, une quantité égale de travail, voilà une loi qui présente à la fois l'aspect d'une loi simple et d'une loi juste, qui parait fonder à la fois l'intelligibilité et l'harmonie de l'univers économique. Fortifiés par ce principe, les disciples poussent le dogmatisme et l'optimisme jusqu'à nier l'existence des difficultés qui embarrassaient leur maître.

Ricardo se consolait de voir sa théorie de la valeur justement contestée, en pensant qu'elle n'entraînerait pas dans sa ruine le reste de son système, c Peut-être, écrivait-il à MacCulloch, trouverais-je autant de difficultés à adopter votre point de vue qu'à conserver le mien ; mais, après tout, les grandes questions de la rente, des salaires et des profits doivent s'expliquer par les proportions dans lesquelles le produit total se partage entre propriétaires fonciers, capitalistes et travailleurs, et qui ne sont pas liées essentiellement à la doctrine de la valeur » ^^. Or les lois de la rente, des salaires et des profits dépendent de la loi dynamique de la population, cause permanente, dans la société économique, de désharmonie et de misère. Si l'on considère ce que devient, chez James Mill et MacCulloch, cet élément pessimiste de la doctrine de Ricardo, on s'aperçoit qu'ils n'obéissent pas, l'un et l'autre, aux mêmes préoccupations, lorsqu'ils réduisent aux termes les plus simples

possibles le système du maître. James Mill simplifie surtout en professeur, pour les besoins de l'exposition doctrinale; MacCuUoch, en publiciste, pour la justification morale de la société industrielle et commerçante contre l'État protectionniste. Lorsqu'il s'agit de développer, parmi les théories de Ricardo, celles qui affirment explicitement, entre les diverses classes de la société économique, des divergences d'intérêts, nous allons voir James Mill tendre à les accentuer, dans le langage cynique du logicien, précisément parce qu'il les réduit à leur forme la plus simple, MacGulloch au contraire tendre volontairement à les atténuer, presque à les effacer, dans la langue lâche et confuse du journaliste.

Ricardo, dans un ouvrage qui ne prétend pas d'ailleurs offrir un arrangement systématique des matières, avait exposé la théorie de la valeur et de l'échange avant la théorie de la distribution des richesses. James Mill renverse l'ordre, et explique d'abord comment s'opère, en dehors de l'échange, la distribution des produits entre propriétaires, capitalistes et salariés^*. Les lois de l'échange sont donc dominées par les trois grandes lois qui dérivent de la loi malthusienne de la rente différentielle : « nous commençons par l'explication de la rente, ou do la part reçue par les propriétaires fonciers parce qu'elle est la plus simple, et facilitera l'explication des lois dont dépendent les parts reçues par les travailleurs et les capitalistes » ^^ 11 expose la théorie de Ricardo, c'est-à-dire la théoriede MalthussimpliGée, dans

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