‹ La formation du radicalisme philosophiqueChapitre 34 sur 239 · JAMES MILL. LA RENTE FONCIÈRE · texte numérisé non relu

JAMES MILL. LA RENTE FONCIÈRE

toute sa rigueur 9 s'efforçant de démontrer l'accord parfait des phénomènes réels avec la théorie abstraite. La différence de fécondité des terrains que progressivement le genre humain est forcé de mettre en culture, voilà r c accident ^^ » qui rend compte de toutes les contradictions du système de la distribution économique, considérée dans son développement historique, et en particulier de la divergence qui existe entre les intérêts économiques du propriétaire foncier et ceux du reste de la société. Le propriétaire essaie en vain de confondre sa situation avec celle de l'industriel : leurs situations présentent des caractères tout opposés. Il prétend assimiler sa situation à celle du fermier : c du succès de cette tentajtive dépend tout ce qu'il y a de plausible dans ses prétentions. » Mais ces prétentions ne sont pas fondées, c Le cas du propriétaire foncier est spécial; un haut prix du blé lui est profitable, parce que, plus le prix est élevé, plus est petite la portion du produit qui suffira à restaurer, avec ses profits, le capital du fermier; et tout le reste lui appartient. Mais pour le fermier, comme pour tout le reste de la collectivité, ce haut prix du blé est un mal, dans la mesure où il tend à la fois à diminuer les profits et à a^raver les frais supportés par les consommateurs » ^^

Mais, si la loi de la rente foncière met en contradiction rintérét du propriétaire et celui du capitaliste et du salarié, c'est en raison de la réaction de cette loi sur les lois qui règlent les salaires et les profits : James Mill, dans l'analyse qu'il donne de cette réaction, met en

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lumière, plus clairement encore, peut-être, que n'avait fait Ricardo, le caractère proprement malthusien et pessimiste de la doctrine.

Si Ton fait abstraction de la rente foncière, qui est extérieure au prix de chaque objet, la distribution, entre le capitaliste et le travailleur, de la valeur d'un objet donné résulte d'un marché, dont les conditions sont déterminées par la concurrence, selon l'état de l'offre et de la demande. Dans le cas présent, il y a, selon le point de vue où l'on se place, offre ou demande d'une certaine quantité de capital, et offre ou demande d*une certaine quantité de travail, disons si l'on veut : d'un certain nombre de travailleurs.

Si la population s'accroît sans accroissement simultané de capital, les salaires tombent ; si le capital s'accroît sans accroissement simultané de population, les salaires s'élèvent. Si tous deux s'accroissent, mais avec des vitesses différentes, le résultat sera le même que si l'un ne s'était pas accru du tout, et si l'autre s'était accru d'une quantité égale à la différence. En réalité, le capital s'accroît moins vite que la population.

On peut le prouver, selon James Mill, par un appel aux faits. Si le capital croissait plus vite que la population, les salaires se seraient nécessairement accrus; ils auraient mis les travailleurs dans un état d'abondance, et les auraient affranchis du besoin. Or, on peut constater que c dans presque tous les pays, la condition de la grande masse du peuple est pauvre et misérable »: la « misère générale de l'humanité » " est un fait. II

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