‹ La formation du radicalisme philosophiqueChapitre 41 sur 239 · MAGGULLOCH, LA RENTE FONCIÈRE · texte numérisé non relu

MAGGULLOCH, LA RENTE FONCIÈRE

fonde, sur cette assertion, une démonstration nouvelle du principe de population. Au contraire, selon Mac- GuUoch, Taccumulation du capital est facile et naturelle ; la philosophie du progrès redevient, presque sans restriction, optimiste.

MacCulloch ne saurait se considérer, cependant, comme un disciple de Ricardo, s'il n'accepte pas la théorie de la rente différentielle, base de toute la doctrine. Or, la rente foncière exprime, par ses variations permanentes, la difficulté croissante de produire les objets de première nécessité; et, pendant qu'elle traduit ainsi la pauvreté croissante du genre humain, elle enrichit progressivement la classe des propriétaires du sol; d'où une divergence d'intérêts dont MacCulloch est obh'gé de reconnaître le caractère naturel, ou nécessaire. Cependant MacCulloch se refuse à envisager la possibilité de l'impôt foncier unique ^^^ : James Mill discute ses objections dans les «Éléments» ^°*. Il est si favorable à la grande propriété foncière qu'il justifie, au mépris des principes posés par Benlham, la coutume de la primogéniture *°^ : d'où une première polémique entre la « Revue d'Edimbourg » où MacCulloch vient de défendre cette thèse conservatrice, et la «Revue de Westminster » *^^, récemment fondée pour la propagation du benthamisme orthodoxe. Une fois de plus, au mépris de la liaison logique des idées, le principe de ridentité naturelle des intérêts va prévaloir, chez ce représentant de l'économie politique orthodoxe, sur la thèse de la désharmonie.

Une première fois, MacGuUoch essaie d'identiûer les variations, permanentes selon Ricardo, de la rente foncière, avec les variations temporaires qui font osdller la valeur courante autour de la valeur naturelle. Il reconnaît que c la hausse du prix du produit brut, avantageuse au propriétaire foncier, est nuisible aux fermiers, aux capitalistes, aux travailleurs, et à toutes les autres classes de la société », que « tout accroissement de la rente foncière prouve la diminution du pouvoir d'accroissement du capital et de la population ». Mais, ajoute-t-il, « il n'est pas possible que, dans une société, la rente foncière et les salaires absorbent jamais la valeur totale d'un objet ; car, longtemps avant que cela pût arriver, il n'y aurait pas de motif pour accumuler ; les capitalistes vivraient non sur leurs profits mais sur leur capital ; tout le monde souffrirait d'une diminution dans la demande de travail ; la population diminuerait rapidement ; et, les terres inférieures tombant hors de culture, le prix du produit brut serait réduit ; la rente foncière et les salaires baisseraient, et le <îapital recommencerait à donner des profits » *^*. Bref, le point de vue dynamique se trouve ainsi ramené, par MacCuUoch, au point de vue statique ; et le mal économique n'est plus que l'accident, par rapport au bien général qui résulte de l'opération normale des lois.

Quelques années plus tard, il consacre toute une série d'articles, dans la « Revue d'Edimbourg », à la critique des droits que les grands propriétaires fonciers ont fait mettre à l'importation des blés : il s'agit de convertir

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