MACCULLOCH. LA RENTE FONCIERE
à la cause du libre-échange le plus grand nombre d'individus possibles ; d'où une tendance à identifier de* nouveau l'intérêt du propriétaire foncier et celui du reste de la collectivité. Il fait d'abord observer que le bénéfice retiré, par les propriétaires fonciers, des droits sur l'importation des blés, est très inférieur à la destruction de richesse que ces droits font subir à la nation prise dans son ensemble. Admettons, nous dit Mac- Culloch, que leur revenu soit égal au quart de la valeur du produit total du sol, et qu'un régime de protection fasse hausser la valeur des denrées agricoles. Alors, pour un quart, les propriétaires fonciers vont bénéficier de cet accroissement de valeur, mais ce sera pour un quart seulement. Pour les trois autres quarts, c'est la part des fermiers et des salariés qui augmentera de valeur, sans aucun avantage ni pour les fermiers, ni pour les salariés, ni pour le propriétaire foncier luimême *^^. Si, d'ailleurs, le libre-échange entraînait une baisse de la rente, du moins il lui assurerait la fixité dont elle manque sous le régime des échelles mobiles. En outre, la taxe des pauvres est le prix dont les propriétaires paient la protection douanière : ils en feraient l'économie, à dater du jour où ils accepteraient le libre-échange. MacCulloch, enfin, dispose d'arguments plus tranchants, et il conclut : c Ce serait une extrême folie de supposer qu'un système aussi essentiellement nuisible aux autres classes de la collectivité peut être réellement utile à ceux qui ont un intérêt aussi profond que les propriétaires du sol à la prospérité publique.
Tous les avantages qu'ils peuvent en retirer ne sauraient être que passagers et illusoires, car il doivent nécessairement s'acheter aux dépens de ceux avec qui leurs intérêts sont inséparablement et indissolublement associés »*^*^. Ce qui revient à postuler l'identité naturelle des individus, alors qu'on vient de la nier en énonçant la loi de la rente différentielle : c'est proprement trahir Ricardo que d'écrire, pour résumer sa doctrine : « la relation de la rente foncière avec le profit, du profit avec le salaire, et les diverses lois générales qui règlent et unissent les tri/ere/s, en apparence ccntradictoires^ mais en réalité hannoniques, des ordres divers de la société, ont été découvertes, et établies avec toute la certitude qui s'attache à Tévidence démonstrative » "".
« Si, dans la longue et honorable carrière qui reste encore ouverte aux adversaires des restrictions, du monopole et du favoritisme commerciaux, s'écrie lord Grenville en 1825, le même esprit doit animer, la même résolution soutenir le pays et le Parlement, — si Ion parvient à réaliser dans la pratique, pleinement et sans restrictions, un système conlîrmé par Texpérieniv et sanctionne jvar rappn:»hation publique, ce n'est jvis seulement notro siècle, ce n'est pas seulement notre |vivs. qui seront en drvMt de bénir nos efforts. Il n'est jxis de postérité si reculéo, il n'est pas de temps si harlvïre, où nous ne puissions prévoir avec confiance que ces rtvherohes heureuses de la philosophie britannique^ Ci^t exemj^e, faw^riïîé par le cit-K de la politique