‹ La formation du radicalisme philosophiqueChapitre 5 sur 239 · DOUBLE ORIGINE DU SYSTEME · texte numérisé non relu

DOUBLE ORIGINE DU SYSTEME

c nécessité > naturelle ^, et que» dans la c libre concur* rence » de tous avec tous, « les intérêts de l'individu et de la collectivité ne soient jamais en désaccord^ >. Puis en 1815, c'est sur la théorie malthusienne de la rente foncière que portent ses recherches : et sans doute il maintient que cette théorie, inconnue d'Adam Smith, laisse intacte la théorie libre-échangiste dont celui-ci avait été le défenseur ; il aboutit cependant à une définition nouvelle de l'économie politique, conçue non plus comme une enquête « sur la nature et les causes de la richesse », mais sur la manière dont la richesse, une fois produite, se divise, en dehors de l'échange, entre les classes qui concourent à la former '. Or cette distribution sera-t-elle harmonique ? S'accomplira-t-elle selon des lois qui favorisent, au même degré, l'intérêt de toutes les classes entre lesquelles se fait le partage ? Il ne le semble pas. D'ailleurs, les lois de la distribution des richesses, telles que Ricardo les conçoit, " à commencer par la loi fondamentale de la rente foncière, sont dérivées de la loi de la population, qui est en même temps une loi de désharmonie et une loi d'évolution. Il faudra donc, croyons-nous, distinguer dans la philosophie économique de Ricardo, entre le point de vue statique et le point de vue dynamique. Pour qui se borne à considérer, chez Ricardo, les lois statiques de l'échange, la doctrine de Ricardo est un optimisme : encore la loi de la valeur, qui semble confirmer le principe de l'identité naturelle des intérêts, se trouve-t-elle limitée dans son opération par

bien des actions perturbatrices que Ricardo s'attache à définir méthodiquement. Pour qui analyse, chez Ricardo, les lois dynamiques de la population, de la rente foncière, des salaires et des profits, la doctrine constitue au contraire un pessimisme relatif; et le principe sur lequel elle repose pourrait s'appeler bien plutôt le principe de la divergence naturelle des intérêts.

Se place-t-on d'abord au point de vue statique ? On constate que l'équilibre des intérêts économiques s'établit par l'échange. La cause et la mesure des objets dans l'échange, c'est la quantité de travail qui a été employée aies produire*. Dès lors, si l'on admet qu'il est juste de rétribuer chaque producteur en proportion du travail qu'il a fourni, il suffit de laisser les échanges se conformer librement à la loi qui les régit, pour que l'équité règne dans le monde économique : les lois naturelles de la société économique apparaissent comme des lois de justice, et l'optimisme est le vrai. L'optimisme qu'autorise la loi classique de la valeur, considérée comme vraie sans restriction, est-il cependant absolu ? En aucune façon. La loi même de la valeur est-elle tenue par Ricardo pour vraie sans aucune réserve? Elle comporte, comme nous allons voir, de nombreuses exceptions ; et c'est par un artifice conscient de méthode que Ricardo néglige ces exceptions pour la commodité de la démonstration scientifique. Est-ce même seulement dans un intérêt d'exposition théorique

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